‹ Essais et notices (volume 2)Chapitre 6 sur 15 · VI. — L'ADMINISTRATEUR DES HOSPICES CIVILS · texte numérisé non relu

VI. — L'ADMINISTRATEUR DES HOSPICES CIVILS

Le temps, les préjugés, l'interprétation des lois sur la bienfaisance dans un esprit autre que celui qui a inspiré ces lois, des intérêts rivaux de ceux des pauvres, avaient introduit des abus dans l'administration des hospices civils de Gand.

Dès 1857, le collège échevinal de Gand indiquait comme point important de son programme administratif : apporter à l'administration des biens des pauvres des améliorations sérieuses. On ne pouvait espérer les voir se réaliser par l'initiative d'anciens administrateurs, hostiles aux innovations. « Il est bon que les affaires publiques ne soient pas toujours dans les mêmes mains : car il se fait parfois que les idées nouvelles ne trouvent d'organe que dans les hommes nouveaux ' .

Conseiller communal, rapporteur de la Commission chargée d'examiner le budget des hospices. Du Bois avait applaudi aux premières réformes si heureuses de la Commission que présidait M. Adolphe de Meulemeester et où Gustave Callier siégeait. Quand la mort frappa inopinément ce dernier en 1863,1a Commission des hospices d'abord, le Collège échevinal et le Conseil communal ensuite, furent unanimes à choisir comme son successeur le jurisconsulte qui avait étudié avec Callier maints projets de réforme. Du Bois ne se dissimulait pas l'étendue de la tâche qu'il entreprenait. Dans un de ses rapports, en 1862, s'adressant à ses collègues du conseil un peu moins patients que lui, il disait : <i II faut de la constance dans les efforts, du loisir, des études pour tout démêler, soit

dans l'ordre du droit, soit dans l'ordre des faits; il faut ensuite encore du temps, des efforts, parfois même des transactions avant d'atteindre le Lut désiré. î Ce temps, cette constance, il les apporta à ses nouvelles fonctions et ne recula, pendant trente ans(i^), devant aucun effort pour atteindre les divers buts qu'il s'était proposés.

Du Bois ne se dissimulait pas les difficultés que les communautés religieuses ne manqueraient pas de faire naître quand on leur enlèverait des établissements dont elles se croyaient propriétaires. 11 s'en eiirayait peu, rappelant, non sans malice, que dans les premières années du siècle, un évêque qui a fait honneur au diocèse de Gand, M. Fallot de Beaumont, ne dédaigna pas d'être membre de la Commission des Hospices (^), assistant assidûment à ses séances, participant à toutes ses délibérations, à celles mêmes qui réunirent des établissements, qui en supprimèrent d'autres et qui donnèrent l'exemple des transformations aclievèes dans ces derniers temps (^j. A toute époque de l'histoire, lautorité avait eu en Flandre le droit de disposer des fondations dans l'intérêt non de ceux qui en vivent, mais des pauvres au proht desquels elles sont faites. Ainsi, en 1611, les échevins de Gand furent autorisés à se servir des biens du Riche Hôpital, ancienne léproserie qui ne contenait que des religieuses sans malades W.

Celui qui lit aujourd'hui les discussions de ce temps, et qui voit réalisées ces réformes si discutées, si critiquées naguère, se rend compte du degré auquel Du Bois avait cette vertu qu'un homme dEtatw; proclamait la plus haute dans une

(1; Du Bois exprima à ses collègues, le G décembre 1803, son intention formelle de se retirer de l'administration. Les aémarches les plus pressantes ne parvinrent pas à le faire revenir sur cette détermination que regrettaient ses collègues, ses amis et tous ceux qui, à un titre quelconque, s'intéressaient à la bonne gestion du patrimoine des hospices.

(2) Voir Belgique judiciaire, XXII, p. 144.

(3) Discours prononce au vingt-cinquième anniversaire do M. Adolphe de Aleulemeester, comme président de la commission des Hospices.

(4) Messager des sciences liistoriques, 188d, p. 351 et Bulletin communal, t. XX, p. 2o7.

(5; M. Paul Deschanel. Discours prononcé en juin 1901 à l'inauguration du monument Spuller.

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