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HUMAINE

6) Conférences de Stuttgart. — En 180^, date des « Recherches sur la liberté », Schelling a évolué vers une philosophie qui, tout en se rattachant par un lien extérieur à la Naturphilosophie, dépasse, tant au point de vue de la forme que par toute son orientation, aussi bien celle-ci que le système de Pidentité; sans abandonner tout à fait les principes de celui-ci, il fait déjà appel, pour expliquer le monde, à une personnalité, à une volonté et n envisage plus les piincipes en question que dans leurs rapports avec Dieu et avec Phomme. Il s'oriente ainsi résolument vers ce qu'il appellera plus tard la philosophie historique et ce que beaucoup d’historiens de la philosophie appellent sa période théosophique. Ceci apparaît d’une façon encore plus nette dans les « Conférences de Stuttgart ». Schelling s’y appuie encore sur les concepts du système d’identité, mais, sans encore ajouter à leur dualité un troisième principe, il n’en fait pas moins déjà la base d’un système impliquant la personnalité de Dieu. On assiste ici à une anticipation de ce que Schelling fera plus tard, car, à mesure qu’il édifiait son système, il se trouvait en présence d’un grand nombre d’idées, dont il a retenu quelques-unes, après avoir abandonné ou repoussé les autres à l’arrière-plan, comme il l’a fait des idées psychologiques.

7) Introduction a la première esquisse de la philosophie de LA Nature. — Voici comment un critique, dont les éditeurs de Schelling n’ont pu retrouver le nom, interpréta cette « Esquisse », dont nous publions ici la seule « Introduction » .• « On a essayé ici pour la première fois depuis l’essor pris par les sciences de la nature, d’embrasser d’un seul coup d’œil l’ensemble de la Physique, et surtout de libérer cette science de Terreur somme toute héréditaire, formulée de la façon la plus précise et, pour ainsi dire, la plus correcte dans la « Critique du Jugement (téléologique) par Kant : à savoir que l’organisme ne se laisse pas déduire des lois immanentes, spécifiques, faisant partie de la théorie de la nature, mais qu’on doit, pour l’expliquer, avoir recours à une téléologie conceptuelle. Schelling fut le premier qui ait arraché la foi en l’unité du système de la Nature aux songes creux des rêveurs et ait posé, en pleine connaissance de ce qu’il faisait, ce principe que le monde est un Tout organique, soumis aux lois de la nature; il situa ainsi l’organisme qui, jusqu’alors, n’avait été qu’un appendice

ESSAIS DE SCHELLÎNG

encombrant de la Physique, au centre de celle-ci et en fit le principe permanent du Tout. ))

8) Pour l’histoire de la philosophie moderne. — Schelling retrace dans cet Essai F histoire de la philosophie moderne, de Descartes à Hegel. Nous n'en avons traduit que deux chapitres : a) « Kant, Fichte. Système de l’idéalisme transcendantal « et b) « Naturphilosophie », ces deux chapitres marquant bien les rapports qui, d'après Schelling lui-même, existent entre le criticisme de Kant et l'idéalisme de Fichte, d'une part, et sa Naturphilosophie, de l'autre.

9) Exposé de l’empirisme PHiLOsoPHiquE. — Article écrit dans un but purement propédeutique, alors que Schelling professait à l'idniversité de Munich (i8y6) et qu'il a laissé à l'état manuscrit. Cet article était destiné à préparer ses auditeurs à l'intelligence des principes de sa philosophie, à les conduire, par la méthode purement rationaliste « du plus proche et du plus connu au plus éloigné et au moins connu » et à servir et\ même temps de contre-épreuve pour ceux qui étaient déjà familiarisés avec son système.

10) De la nature de la philosophie comme science (Conférences d'Erlangen).

C'est la première des conférences que Schelling, momentanément dégagé de toute obligation professionnelle, fit à Erlangen en 182 1-182 y devant un public nombreux et attentif, attiré par sa renommée et composé d'étudiants, de professeurs et de simples profanes s'intéressant aux questions philosophiques. Cette conférence, une des plus pathétiques qu'il ait jamais prononcées au cours de sa longue carrière, eut un succès tel qu'il fut obligé de la répéter plusieurs fois. Il cherche à y montrer en quoi consiste la tâche de la philosophie, et comment cette tâche peut être remplie. La philosophie doit tendre de tous ses efforts à systématiser le savoir. La lutte qui s'y poursuit entre les différentes conceptions et crée un état qu'il appelle « asystasie » est une phase préliminaire nécessaire de l'évolution de la philosophie vers la systématisation. Chacun des systèmes actuellement en lutte, dit-il, est unilatéral, son unilatéralité tenant, non à ce qu’il affirme, mais à ce qu'il nie. La véritable conciliation ne pourra s'effectuer que dans le système xat’ âÇoyrjV, dans le système universel qui, dépassant tous les autres, s'élevant au-dessus de tous les autres, sera un système de liberté ayant pour raison et pour but le sujet absolu : ni la substance de Spinoza que les deux poids, pensée et étendue, qui y sont attachés, attirent vers la Finitude, ni le moi de Fichte qui ne voit dans la réalité objective qu'un obstacle à son activité et qui, à peine en contact avec cette réalité, se retire en lui-même. Ce qui constitue l'essence du sujet absolu, c’est 1' « éternelle liberté », ce sont le vouloir et le pouvoir purs; liberté qui dévore pour ainsi dire toutes les formes dans lesquelles elle se trouve enfermée et qui, après chaque limitation

PREFACE DU TRADUCTEUR

subie, renaît comme le phénix de ses cendres, régénérée, transfigurée par la flamme qui ne s’éteint jamais. Toujours active, jamais en repos, se révélant sans cesse à elle-même, cette liberté se confond avec la sagesse qui se cherche à travers toutes les connaissances, pour finalement arriver à la connaissance de soi-même. « Connais-toi toi-même, et sois tel que tu te connais » ; telle est en effet la règle suprême de la sagesse, guidée par Téternelle liberté. C’est ce mouvement de la liberté vers la sagesse qui constitue la philosophie objective, et la tache de la philosophie, en tant qu’ « art humain ))^ consiste à reproduire celle-là sur l’échelle humaine.

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