‹ Essais historiques et littérairesChapitre 3 sur 29 · LA RESTAURATION DES STUARTS · texte numérisé non relu

LA RESTAURATION DES STUARTS

Au premier abord, ou s*étonnc que ces vingt et un mois d'iaterrègDe, si ternes et si confus chez tous les historiens, soient d'étoffe à tenir une aussi large place dans une œuvre 4ont un des caractères, un des premiers mérites, est le aerf et la concision. Deux volumes pour Richard GromveU, pour les derniers soupirs du rwmp^ pour George Monk et sa stratégie silencieuse, le même nombre de volumes^ sinon de pages, que pour les vingt-cinq années de Charles I*' et les dix ans d*01ivier Cromwcll, il y a tant qu'on n'a pas oavert le livre, de quoi s'étonner un peu. Â mesure qu*on y pénètre, Tétonnement disparait; on s'aperçoit que> ces vingt et un mois sont une source inépuisable pour qui sait y fouiller, que^ bien loin de manquer de matière,, l'auteur élague et . choisit, toujours sobre, toujours eontcDu, toujours ûdèle à sa méthode et à ses propres tra* ditions.

11 est vrai que dans ce champ jusque-là presque aride il trouve une abondance que ne soupçonnaient guère ni Hume au dernier siècle, n! d'autres encore plus habiles dans le siècle présent. Des matériaux récemment découverts, des documents inexplorés ont conmie transformé cette, curieuse période, et en font, en réalité, un sujet tout non* veau. Parmi ces documents, il en est, comme le journal de Burton, par exemple, qui nous viennent d'Angleterre et qui mettent au jour ce qu'on peut appeler le côté parlementaire de rinterrègne, notamment les débats et la vie intérieure du parlement que convoqua Richard Cromwell, et avec lequel il essaya pendant deux mois de fonder un gouvernement. Les souvenirs personnels et quotidiens d*un , membre de cette assemblée^ membre aussi assidu qu'obs^

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cur, la font sortir du profond oubli où clic était tombée; on igaorait ses actes, presque son existence : aujourd'hui la lacune est remplie» et la chute rapide, la précoce agonie du protectorat de Richard cesse d'être une énigme. D*autres renseignenients analogues comblent aussi d'autres lacunes; mais pour nous, dans ces deux volumes, la vraie nouveauté n*est pas là : ce qui donne aux événements qu'ils racontent cette ampleur, cette importançe inattendue, ce sont des infonnations d*un autre ordre, et ces informatiotis, ce n'est pas d'Angleterre, c'est de France qu'elles sont venues à M. Guizot.

Au moment de la mort de Gromwell, le cardinal Mazarin

avait à Londres un correspondant actif qui, jour par jour, le tenait au courant des moindres incidents survenus dans les trois royaumes, des moindres mouvements de Topinion et des partis. Sans être un grand esprit ni un ambassadeur de premier ordre, M. de Bordeaux observait bien, vo^fait vite, et sa longue pratique des affaires, son séjour prolongé dans la Grande-Bretagne, les relations qu'il s'y était faites, lui permettaient de pénétrer partout^ et de porter sur tout d'excellents jugements. On comprend ce qu'une telle correspondance peut jeter de lumière sur le pôle-môle de cette époque, sur tous ces gouvernements avortés qui vont se suc*

cédant depuis la mort de Cromwell jusqu'à la reslauration. Il y a des choses dans l'histoire que les documents nationaux ne peuvent & eux seuls éclaircir suffisamment. Quelque soin qu'on apporte à les lire, à les interroger, la cause n'est vraiment pas instruite et le dossier n'est pas complet tant qu*on ne parvient pas à faire comparaître un témoin ' plus clairvoyant, plus impartial que tous les autres, parce

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