LA RESTAURATION DES STUART
qu*il est à la fois sans passion et sans indifférence» nn té* ffloin qui a vu les éyénements d'assez loin pour n'y pas être
perâooueiiement mêlé, d'assez près pour les bien voir et pour en être ému. Ce témoin, c'est l'étranger, c'est le public du dehors, rcprésenlé par la diplomatie des gouverncmenis voisins» Quand un agent diplomatique, en situatiou de bien savoir les choses et abrité sous ses immunités, a écrit ison gouvernement sans gêne et sans réticence, quand il lui a dit à cœur ouvert tout ce qu*il a Vu et entendu, ses dé* pêches, si par fortune on les possède, deviennent d'inappréciables documents, et servent à la fois de complément et de contrôle aux meilleurs documents nationaux* On peut dire, avec M. Guizot, que « pour tout ce qui s'est passé en Europe depuis trois siècles^ nulle histoire n'est définitive tant qu'elle n'a pas subi cette épreuve et puisé & cette source, »i
C'est donc un rare bonheur pour l'histoire de la révolu*
tion d'Angleterre que nos archives des affaires étrangères aient conservé ces dépêches de M. de Bordeaux. Ce qui n'est guère moins heureux, c'est qu'un tel interprète se soit chargé de les mettre au jour. M. Guizoï ne s'est pas contenté d'en faire son proUt, son étude, de s'en pénétrer, de s'en nourrir; il a voulu que le public pût juger par luimême du parti qu'il en a tire. Nous aimons ce reste d*habi tude et de déférence parlementaire, ce dépôt de pièces sur une autre tribune. La vaste correspondance de l'agent de Mazarin^ ainsi produite presque intégralement, ou du moins par fragments considérables, devient un appendice qui luimême est un livre. C'est uue véritable histoire sous foruie épistolaire, une histoire contemporaine, que M* Guizot met
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en regard de son œuvre^ pour en faire mieux sentir toute
la vérité.
Le& pièces justificatives qu'on imprime à la fin des livras jouent rarement un pareil rôle. Leur sort est d'être consultées et non pas d'être lues. A uioios d*un grand loisir ou d*un sérieux intérêt d'étude^ personne ne se hasarde danses dédale incohérent» et si quelques-uns s'y aventurenti es n'est qu'à bâtons rompus. Ici^ rien de semblable ; non-seulement on peut lire 'cette correspondance^ mais la lectoie en est attrayante et facile; on s*y attache, on ne la quitte plus^ surtout quand on a la prudence de n'j entrer que sous les auspices de M. Guixot et à la clarté de son récit. Si les rôles étaient renversés, s'il s'agissait de commencer par la correspondance, nous ne répondrions pas qu'il y fit asses jour pour qu'on se plût à y rester longtemps, fl faut ua guide pour faire un tel voyage. Ces lettres sont adressées, soit à M. de Brienne, soit à Mazarin lui-même, c'eat-à-diie à dcb hommes qui, saus liabilcr rAiigleterre, suivaient des yeux tout ce qui s'y passait^ et n'avaient pas besoin qa*0D les mit au courant. Ce qu'on leur disait à demi-mot, Us étaient prêts à le comprendre^ et la moindre allusion suffisait à indiquer les choses qu'on ne leur disait pas. Qae d'énigmijs pour vous, si vous alliez sans commeiUaiic voui mêler dans ces confidences! Mais quand vous venez de liift un lumineux récit, qui ne laisse dans l'ombre ni un fait ni un homme qu'il vous importe de connaître, quand vous Tavea encore tout frais dans la mémoire, tous vous trouvez pour un moment presque aussi bien instruit que Ma- •zarin lui-même. Comme lui, vous avez la clef de ce qu'oa I tous raconte, vous comprenez de qui on. parle, vous con-