‹ Essais historiques sur la ville de ValenceChapitre 11 sur 50 · CHAPITRE Vni · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vni

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On rencontre dans les proTinces méridionalôs de la France, où les Romains, en échange de la liberté rarie , apportaient aux peuples conquis les sciences et les arts, beaucoup de villes qui conseryent encore de magnifiques débris de leur grandeur passée. Valence n'est pas du nombre de ces cités ; elle n'a rien qui puisse la recommander aux yeux des antiquaires. Cependant le souvenii: de la conquête est demeuré si fortement empreint dans la mémoire des conquis , que beaucoup de ruines portent le nom des fils de la ville éternelle, là où ils ne passèrent jamais; de vieux châteaux, des constructions dont les vestiges inforiaes nous

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taisent Torigine, leur sont gratuitement attribués, comme si les vaincus eussent à s'enorgueillir de ces antiques témoignages de leur servitude passée. Jadis les habitans de Valence montraient avec orgueil une Toûte souterraine , qu'ils transformaient en superbe aqueduc servant à alimenter les jardins de la villa d'un consul (i). L'inscription d'une pierre tumulaire suffisait à ces paisibles citadins pour faire mourir chez eux la fille d'un empereur romain (2). Dans la plaine, ils apercevaient les vestiges d'un campement romain, là où des yeux inhabiles ne voyaient que le gisse* ment bizarre d'un sol inégal ; enfin , de plus doctes encore suivaient les traces d'Annibal, reconnaissaient le champ de bataille où le consul Emilianus battit les Avernes et les Allobroges (3), et 9 sur la foi de quelques ruines , déploraient la splendeur éteinte de leur ville natale : vains récits qu'enfantait la vanité nationale , et que la puissance des traditions n'a pu préserver de l'oubli.

Valence ne peut pas se flatter de renfermer

(i) Voyez les Nota ei pUca Juttifieatw$s , b.« a6.

(9^ Voffa.c^e iofloription plqi bas,

(5) Veyesleâ Ab<M it pUeêtJuHifwalwei, n.* 27.

SUR TALENCE. l5l

dans son sein ces vestiges d'une illustration qui

n'est plus 9 et dont souvent le mérite ne gît

que dans leur vétusté. Quelques fragmens de

murailles qui forment son enceinte et les restes

d'une tour sont à peu près les seuls témoignages

existans de la construction romaine. Cette tour,

connue sous le nom de tour de Saint-Félix , et

dont le diamètre de la base est moindre que

celui de la sommité ^ passait auprès de quelques

antiquaires , au rapport de Spon , pour un chef-

d 'oeuvre d'architecture (i). Non moins éclairés

que ces amateurs de la vénérable antiquité , des

légendaires et de vieilles femmes assurent qu'elle

s'inclina révérencieusement devant saint Félîx ,

à son entrée dans Valence , et que depuis cette

époque elle a fidèlement conservé cette attitude

respectueuse.

On a découvert à Valence quelques mosaïques qui pourraient fixer l'attention des curieux , et qui restent ignorées chez leurs paisibles possesseurs.

Les manuscrits d'Aimar du Rivaîl , de Roaldès et de Guy AUard , renferment plusieurs inscriptions trouvées à Valence et dont voici les principales.

(i) SpoD , JiifiérairCi, tom» I » page 3.

l5a ESSAIS HISTORIQUES

On Toyait à rancienne porte Sauûière l'ioscriptioD suirante :

VINDAVSGIA PETRV O NIAEC IiySA EL

lANV GOMIYGI SANT

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