COLLÈGE
Le grand nombre de jeunes gens que l'unÎTersite attirait à Valence fit bientôt sentir le besoin d'un collège. C'est au désintéressement d'un avocat qu'est due la fondatioù de cet établissement. Pierre Morel , qui s'était rendu cèlebn dans le barreau par son intégrité et son savoir, consacra une partie de sa fortune à former im collège composé de treize écoliers et de de«^ serviteurs. Il le dota de sa maison , de sa bibliothèque et de fonds suffisans pour entretenir
(1) Guyot, Ripertoirô dt jurî»pru(Uncù, "vtiho UnivcrtUé, *^^ de l'abbé Laobry.
(a) Dictionnaire de Briilon, tome III, page 848,Terbo Umv^^ de Valçnce,
SUR YALENGC. \g3
pendant sept ans deux chaires , l'une de droit civil , l'autre de droit canon. Il rédigea les réglera ens et les statuts qui devaient le régir , et lui fit donner, en i54i9 le nom de collège royal delphinal. Il voulut que les élèves fussent choisis parmi les familles les moins riches de la province. François P', étant à Valence , donna son approbation au projet de Pierre Morel, et ne lui fut point avare des louanges qu'il méritait^ dit Chorier (i) : la munificence royale se borna à de stériles louanges. Le désintéressement de Pierre Morel n'ayant pas été secondé par celui de ses compatriotes , l'œuvre de cet excellent homme languit bientôt , privée de secours pécuniaires et forcée de lutter contre l'indifférence des Valentinois ; elle ne survécut que peu d'années à son fondateur»
Il fut fondé postérieurement un collège dont l'évêque était le chef. Les prêtres de la congrès gation du Saint-Sacrement le dirigeaient. La vilk leur faisait une pension annuelle de 766 livres pour l'entretien de la maison et des régens de cinquième, de quatrième et de troisième classes.
Quant aux professeurs d'humanités et de rhéthorique fournis aussi par la congrégation, ils
(1) Chorier, HUtoirô du Daupfùné, tome II, page 534*
étaient entretenus aux frais des écoliers qui payaient 22 livres par an.
CONFWÉBUS DE SAINT-^fEAM.
Loui6 XII, en achetant de la cour romaine ]a rupture de son mariage , s'était engagé à donner le comté de Yalentinois à César Borgia , fils du pape Alexandre YI. César résidait quelquefois â Valence , mais l'infamie de ses mœurs et Tatrocité de ses crimes lui avaient aliéné Taffection de la noblesse. Alexandre VI crut rendre son fils plus respectable aux yeux des nobles , en instituant en sa faveur un ordre chevaleresque, ou conirérie, sous l'invocation de saint Jean. L'Ordre se composait de vingt-quatre membres ecclésiastiques et séculiers. Les séculi^*s furent six barons et six gentilshommes non titrés. Le pape adressa à Jean d'Épinaj une bulle qni renfermait les noms des membres de Tordre qu'il avait nommés : c'étaient les barons de Saint- Vallier , de Tournon, de la Voulte, de Sassenage, de Montoison , de Crussol ; les gentilshommes sans titres étaient Guilhaume de Gênas, François Beauchâteau, Félix Martel, Antoine Chabot, Louis de Saillans et Antoine de Conflans. Le grand-maitre était César Borgia. Les héritiers
SUR VAL1LMGE. IgS
en ligne masculine devaient succéder dans cet ordre à. leurs auteurs (i).