DIX-SEPTIEME SIÈCLE
En 1600, le roi Henri donna quittance générale au duc de Mercœur des sommes considérables qu'il devait à la ville de Nantes , disposant ainsi , suivant son bon plaisir , de la bourse de ses sujets. En 1601, Ton assigna, dit-on , aux calvinistes un cimetière, au bas de la Motte St. -André. La même année , le roi demanda un? don de 24,000 liv. pour les frais de son mariage ; la ville obtint que cette somme fût réduite à moitié ; mais, comme elle ne se pressait pas de payer , Henri IV fit saisir ses déniers ; il l'autorisa^ du reste à se rembourser par une nouvelle taxe. En 1603 , près de 500 Portugais vinrent se fixer à Nantes, beaucoup de juifs faisaient partie de ces émigrés. Le clergé , pour cause de religion , et les marchands , par crainte de leur concurrence , demandèrent qu'on les chassât; mais le roi, plus éclairé , les prit sous sa protection. L'année suivante il permit le libre commerce des grains avec l'Espagne, ce qui fut extrêmement avantageux pour notre place.
En 1605 , le pont de la Casserie s'écroula. — Des Irlandais voulurent s'établira Nantes , ils étaient 900 , sans fortune et par conséquent sans appuis la ville réselut de s'en débarrasser \ mais ils 00
dispersèrent d'eux-mêmes. Le 24 novembre les octrois furent affermés 24,000 livres. A la fin de Tannée la mairie arrêta l'augmentât ion et la réparation de l'Hôtel-de-Ville. — En 1608 , on bâtit un moulin à eau 9 près le pont de la Belle- Croix, appelé moulin Grognard; cette usine ^ en ralentissant le cours du fleuve, a beaucoup contribué à augmenter l'Ile-Feydeau. Eu 1609, on planta la butte St.-Pierre. A la mort de Henri IV, la ville, quoiqu'obérée, dépensa 1200 livres en services funèbres. En 1610, il n'y avait encore qu'un seul commerçant , nommé Bernard , qui distillât les vins pour faire les eaux-de-vie. En 1611 , le cimetière St.-Pierre fut transformé en une place publique, sur laquelle le sculpteui Belliard éleva une colonne démolie à la révolution. En 1612 , les jésuites de Rennes et de la Flèche obtinrent la moitié des droits du Papegaut pour leurs collèges \ il n'y avait pas encore à cette époque de confiseur chez nous. En 1613 ; Pierre Bérulle , instituteur de la congrégation de l'Oratoire , essaya d'établir son ordre à Nantes ; déjà même il s'était procuré un local dans la rue de' Briord, mais le duc de Vendôme y mit opposition.
Plus heureux en 1617, il obtint de s'établir sur la Fosse.
Louis XIII vint à Nantes en 1614 : la ville dépensa 10 mille livres pour le recevoir, sans compter 2707 livres en achats de confitures données
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aux dames de la cour, aussi les fêtes furent trèsbrillantes* En 1615 , les religieuses du Tiers- Ordre de Saint-Francois obtinrent de bâtir une chapelle dans la cour de la chambre des comptes. En 1616, le roi créa 8 sergents de mairie, à la nomination du maire et des échevins. Le moulin Coûtant fut acheté par la ville en 1617. La toise de maçonne se payait alors 6 livres* L'évêque Charles de Bourgneuf mourut la même année , il légua ses tapisseries à la cathédrale , et sa bibliothèque, estimée 10,000 livres, aux Oratoriens. Les récolets s'établirent sur les Ponts à la même époque, et des pleureurs furent institués pour assister aux enterrements des notables bourgeois; la ville leur donna des habits de deuil. L'an née suivante, la ville donna aux récollets 600 livres pour les aider à bâtir leur couvent. Les Carmélites s'établirent, en 1618 , dans le local qui porte leur nom , et Ton bâtit, sur l'isle Feydeau , une halle ( cohue ) au poisson , qui n'existe plus. La même année , la ville employa près de mille écus à payer du vin aux Etats. Dès cette époque , comme on le voit , les assemblées délibérantes dépensaient beaucoup pour les plaisirs de la table.
En 1619 , le chapitre s'occupa de faire travailler à l'orgue de la cathédrale; la mairie accorda des secours aux capucins et aux récollets pour bâtir leurs couvents , et les paroissiens de Saint-Denis cédèrent une chapelle
de ce nom aux carmélites, à la condition d'en construire une autre dans la même rue. C'était alors . la coutume , dit M. Meuret , de joncher de paille fraiche les églises, pendant les fêtes de Noël et de l'Epiphanie. Aux fêtes solennelles de printemps et d'été , on y répandait des feuillages verds ; pendant la quinzaine de Pâques, on présentait un coup de vin et quelques bouchées de pain aux communiants. lie vendredi-saint, on mettait dans les églises des tentures noires avec des croix Manches.
Le nombre des candidats à la dignité de maire était fort restreint. La mairie arrêta, en 1621, , de faire une liste de 16 pour les maires et 24 pour les échevins. Cette même année , elle fixa la capacité de la barrique à 116 pots , et celle de la pipe à 232 ; elle fit faire un plan de Nantes et commença un quai à la Fosse , qu'elle prolongea de deux cents toises , trois ans plus tard. Le couvent des bénédictines du Calvaire date de 1623 \ la même année , la mairie s'endetta, pour payer aux Etats du gibier et du vin ; il fut bu à ses frais , pendant leur durée , 7334 bouteilles de vins choisis. En 1625 , il fut permis à Antoine Ribé de s'établir à la verrerie et d'y travailler cinq années , et Pierre Doriou imprima , avec permission, un écrit du sieur Mello, le jeune , médecin à Nantes , intitulé : Fraie Description de la peste* En 1626 , les ursulines obtinrent de s'établir, mais hors ville, à een*
dition d'instruire gratuitement les jeunes filles et de ne point mendier. — Les oratoriens devinrent locataires du collège Saint-Clément , ils achetèrent la maison qui a conservéleurnom. — La chapelle de Miséricorde fut reconstruite, et les Etats se tinrent à Nantes. Le roi vint les présider, ce qui fut une source de dépenses. Outre les salves d'artillerie , les bals , les confitures , les sérénades et les fêtes 9 toutes choses qui lui coûtaient fort cher* la ville fut obligée , sur leur demande , d'accorder aux gens de la reine des gratifications en argent ; ainsi , la dette s'augmentait chaque jour, pour le bon plaisir des grands et sans aucun profit pour les habitants. En 1627, le roi demanda 12 canons qui défendaient notre place, et que l'on appelait les 12 apôtres \ l'année suivante , la mairie ajouta à ce présent 12 vaisseaux armés. En 1630 , les visitandines s'établirent au séminaire , qu'elles quittèrent 2 ans après. — Les Etats assemblés à Ancenis imposèrent , pour la première fois, Peaude-vie et les épices sortant de Nantes. Les capucins firent bâtir derrière la Fosse, et la ville emprunta, mais cette fois pour venir au secours des malheureux. Le blé valait alors 18 livres le setier ( environ 72 fr. valeur actuelle , ou 7 à 8 sous la livre de pain ) , aussi la misère fut affreuse. En 1631 , la livre de pain de seigle valut jusqu'à 2 sous (au moins 8 sous valeur actuelle») Les mendiants étrangers furent ren*
voyës. La ville fil venir 1000 tonneaux de grains et prit cinq mille livres à constitut ; bientôt une épidémie vint ajouter aux souffrances du peu-
!)le : le Sanitat fut ouvert aux malades , dont e nombre allait chaque jour croissant. Le 5 octobre, une ordonnance de police permit de tuer les chiens et les porcs qui seraient rencontrés sans maîtres dans les rues ; on accordait, '3 sous par animal, à ceux qui les traînaient dans un charnier creusé sur la motte Saint-André. Quelques jours après, la ville fit un nouvel emprunt de 8 à 10 mille livres ; bientôt , cependant , les fonds furent épuisés , la dette allait au-delà de 50 mille ecus ( environ 600 mille francs d'aujourd'hui), et 200 malades se trouvaient encore à l'hospice, sans qu'on eût le moyen de fournir à leur subsistance ; une permission du roi vint heureusement autoriser l'hôpital à aliéner quelques propriétés. Cependant , l'année suivante , le bureau de la mairie acheta pour 4000 livres de vin, dont une partie fut bue à la fête des rois , et l'autre déposée dans les caves de l'Hôtel-de-Ville ; mais le conseil municipal prit un arrêté- pour prévenir de nouvelles folies de ce genre. Ce fut à celte époque que l'on démolit la plupart des communicatiens établies entre les deux côtés des rues, et qui formaient des chambres suspendues, comme celles qui existent encore dans la rue de la Bléterie. Le quai de la Maison-Rouge fut '
achevé en 1636 , année bien malheureuse par la cherté du grain et la maladie contagieuse que la disette engendra. En 1637 , on établit une poste aux lettres, avec deux courriers par semaine ; les lettres furent taxées : celles de demifeuille , à 2 sous; celles d'une feuille à 3 sous, et les paquets d'une once , à 5 sous. Le sieur Mariu , entrepreneur* reçut de la mairie, comme encouragement , la somme de 800 livres. En 1638 , les travaux du quai de l'isle Gloriette furent poussés activement. — La ville, quoiqn'écrasée de dettes , fit distribuer aux États 6750 bouteilles des meilleurs vins étrangers et donna un bal , sur la demande de M. et M m * de la Meilleraie. — L'évêque convertitle moulin de Barbin en papeterie. En 1639 , sur la plainte des boulangers , il fut rendu à son ancienne destination. Un moulin à poudre, situé à Sainte- Catherine, fut transporté , en 1640, au moulin Coûtant. Un seul boucher vendait alors de la viande en carême , mais il n'en livrait que sur un bou du curé ou du médecin. En 1642 , le séminaire fut établi au lieu dit de Malvoisine , il y est resté jusqu'à la révolution \ il suffisait , avant cette époque , pour entrer dans les ordres , de passer quelques jours en retraite à l'oratoire. Le roi, cette même année, ne nomma maire aucun des candidats proposés. Depuis long- temps on se plaignait de l'insalubrité de l'hospice , situé sur la rive gauche de l'Erdre \ la construc-
tion de l'Hôtel-Dieu fut résolue en 1643 , année malheureuse , dans laquelle le peuple souffrit beaucoup de la chèrté des grains. Le setier de froment se vendait 13 et 14 livres (plus de 50 à 56 fr. valeur actuelle, aussi la mairie fit-elle venir 1000 tonneaux de froment de Dantzic , qu'elle livra , à la consommation , au prix de revient 9 qui était de 10 livres ( 40 livres, valeur actuelle. ) L'année suivante , la disette continua, mais les travaux de l'Hôtel-Dieu donnèrent du travail aux ouvriers ; la maçonne en fut adjugée au prix de six livres la toise. La liste des candidats à la mairie et à l'échevinage fut augmentée"; celle des maires se composa de sept officiers du présidial , ou procureurs ; de sept membres de là chambre des comptes et de sept marchands. Celle des échevins de trois listes de 14 noms chacune, et la ville emprunta 2400 livres, pour faire une réception à la reine d'Angleterre. 11 existait encore a cette époque un pont levis au port Gommuneau.
En 1646, le roi autorisa la formation à Nantes d'une société de commerce. La noblesse et la magistrature pouvaient y prendre part sans déroger; mais elles refusèrent cet avantage. La durée de cette société était fixée à vingt ans; tout intéressé pour 3000 liv. avait voix délibérative au conseil, et toute ville ou communauté, actionnaire pour 60 «mille liv., pouvait awir un représentant cjui jouissait d«
l'autorité de directeur. Ceux-ci , au nombre de neuf , ne devaient faire aucune affaire pour leur compte en concurrence avec la société* Du reste, il leur était permis d'employer les navires de leurs collègues pour les voyages de Terre-Neuve. Enfin, dit Huet, auquel nous empruntons ces détails, le dividende devait être constaté quatre ans après l'établissement , pour être reparti de la manière suivante : une moitié entre les actionnaires et l'autre ajoutée au capital. En 1648 fut décrétée la construction de
la première Bourse que nous ayons eue. Un arrêt du conseil ordonna aux négociants de s'y réunir à l'avenir quand elle serait terminée. Le portail de la Mairie fut achevé la même année, et Molière vint à Nantes. Sa ' troupe s'installa dans un jeu de paume : elle donnait chaque semaine une représentation au bénéfice des pauvres. L'année suivante furent créés douze porteurs pour les morts, jusqueslà c'étaient les prêtres qui s'étaient chargés de ce soin pour les gens riches. En 1650, les pauvres furent renfermés au Sanitat; en 1651, une inondation endommagea beaucoup les ponts. La Bourse fut affermée aux négociants 165 livres. Les oratoriens bâtirent leur église, et des dons nombreux permirent d'achever et d'augmenter l'H6tel-Dieu.
Eh 1653 la ville acheta, de concert avec les jacobins, un terrain dont elle fit la place qui porte ce nom. L'année suivante, on renou-
vela les règlements qui défendaient aux ouvriers de boire et de jouer aux cartes les jours ouvrables , et les Oratoriens obtinrent une chaire de théologie. Il y avait, alors, à Nantes et dans les faubourgs , deux cents chaudières pour la fabrication de la bière et de Peau-de-vie , qu'un règlement de police supprima comme nuisant à la salubrité et faisant renchérir les grains* En 1655 Ton arrêta la démolition des maisons qui menaçaient ruines. lia même année , la ville conclut un marché pour la construction du nouveau collège St.-Clément, et vendit l'ancien collège Saint-Jean, pour payer une partie des frais. Le nouveau collège fut tenu par des oratoriens , qui ont rendu à Nantes , d'immenses services; l'externat de leurs cours était gratuit | mais ils avaient grand nombre de pensionnaires. Leur établissement possédait six professeurs d'humanités, deux théologiens et deux
!>rofesseurs de philosophie; le monopole de 'instruction leur fut accordé, ainsi qu'une somme de 100 livres, pour distribuer comme prix aux plus instruits de leurs élèves.
En 1659, la ville fit fermer les cours de théologie et de philosophie des jacobins ; elle accorda la même aunée, à nn brasseur, le monopole de la bière, pour une rente de 3 mille livres , et sous la réserve de taxer les produits.
En 1661 , la viande de carême fut taxée à 2 sous, Le Ifoi vipt à JVantes , où j} reçut une
réception magnifique , dont Guiraar nous a conservé le souvenir 9 en publiant les vers suivants de François de Beauvilbers , comte de St.-Aignan :
Maints carrosses formaient A Mauve, un petit cours,
Pour des courriers mouillés, Wen consolant concours.
Dans ce brillant état, quittant nos rossinantes ,
Et n'en piaffant pas moins, nous entrâmes dans Nantes
Où des grands et des petits , on vit avec plaisir
A l'aspect d'un grand roi , contenter le désir.
Tout y parut joyeux , plusieurs disertes langues,
KKeodèrent le roi par leurs doctes harangues.
L'illustre Maréchal nous y reçut au mieux,
Tout y flatta le goût , tout satisfit les yeux.
Le Roi vit des remparts, tirer dans la prairie,
Deux c nts pièces au moins de belle artillerie.
En divers lieux de li , chacun se partagea,
Puis magnifiquement au château l'on mangea.
L'abbé de Coislin aumônier de Louis XIV , paya au curé de Ste.-Radegonde , 35 sous pour chaque nuit que le prince coucha au château.
L'année suivante , la misère fut grande , le pain blanc valut 3 sous la livre. Une maladie contagieuse naquit de cette disette. En 1663 , le Roi défendit les scandaleuses distributions de vin que la Mairie faisait aux états. La même année , le pont Rousseau fut enlevé par une inondation.
En 1664 , Colbert fit connaître aux habitants de Nantes son projet de former une compagnie <Je» Indes, prjeutaies , et son désir Q> v>ir les,
commerçants de cette ville prendre part à cette entreprise. Sa lettre produisit peu d effet , aussi le roi écrivit-il bientôt lui-même. D'un autre côté , les syndics de la compagnie en firent connaître les privilèges et les règlements. Plusieurs négociants , désireux de devenir actionnaires , nommèrent alors M. Valleton pour les représenter a Paris , avec mission de faire valoir la situation avantageuse du port pour la construction et l'armement des vaisseaux, ainsi que pour la vente des marchandises. L'année suivante, la ville obtint une chambre de direction de la Compagnie des Indes. En 1666, le gouverneur , M. de la M eilleraie , duc de Mazarin , fut remplacé par le marquis de Molac. Cet administrateur habile avait entrepris des réformes importantes, il avait usé de son omnipotence, pour imposer en quelque sorte l'ordre et l'économie aux habitants et à leur Mairie; mais , avec son successeur, revinrent les anciens abus. La tour du BoufTay se trouvait achevée depuis un an. Ce monument , bâti des deniers de la ville, avait coûté 16905 livres.
En 1666, M. de Molac fit son entrée à Nantes: il commença par demandera la ville une rente de 3 mille livres, pour son logement. L'université , la même année, institua une chaire de droit civil, qui fut provisoirement établie aux Cannes. En 1670,1e conseil d'état trouva un moyen, fort facile de payer ks dettes de N aptes |
après Pavoir déchargée des intérêts des rentes prises à constitut, il décida que les créanciers qui remettraient un tiers de leurs créances , seraient soldés les premiers* La crainte d'une faillite complète fit accourir à la caisse les porteurs de reconnaissances; mais le crédit fut altéré par cette banqueroute. La même année, le château ayant été incendié en partie, fut rebâti à la moderne , et les appartements ornés de tapisseries de l'ancien garde-meuble du roi. — L'évéque et Mi. de Ponthus s'arrangèrent pour le déssècheraent des matais de Barbin, mais leur projet ne* fut pas exécuté.
En 1671 , après bien des instances , les jésuites mirent le pied dans la ville , aux mêmes charges que les autres propriétaires , avec , de plus , l'obligation d'enseigner l'hydrographie. L'année suivante, la Mairie accorda le collège de St.- Clément , 4 perpétuité, aux pères de l'Oratoire. Le lit de l'Erdrefut nettoyé; les pénitentes s'établirent sous la protection de René l'évéque, qui fonda, la même année, le séminaire des missionnaires ou communauté de St.-Clément.
En 1673, le gouvernement établit l'impôt sur ' le timbre , et s'empara du monopole de la vente des tabacs. Ces charges nouvelles causèrent une sédition dans notre ville. Deux femmes y jouèrent un grand rôle : Tune d'elles fut conduite au château , par ordre du gouverneur; mais l'évéque étant sorti pour apaiser les troublespar sa présence,
le peuple s'empara de sa personne , le renferma dans la Chapelle St.- Yves, et fit notifier à M. de Molac que sa vie répondrait de celle de sa prisonnière; aussi fallut-il lui donner la liberté pour obtenir celle de Monseigneur. Cette condescendance sage de la part de M.
de Molac fut très-mal vue à la cour.
Une police de 1671 établit ainsi les prix des diverses denrées.
Viande ( la livre ) • . 2 s. 6 d.
Lard. .- 2 » 6 » à 4 s. 6cL
Chapon lardé. .... 9 à 12 s.
Couple de poulets. . 8 s.
Chandelle ( la livre ). 4 » 6 d.
Le bon beurre. ... 5 n 6 »
Un synode de la même année supprima quelques fêtes que le peuple continua de chômer, et défendit aux prêtres de porter perruque sans permission expresse de leurs supérieurs.
En 1680, les maisons de la Casserie, de la Clavurerie et du Bois-Tortu étaient toutes en bois. Un incendie en consuma la plus grande partie. L'année suivante la ville cessa d'avoir a sa charge la réparation des ponts et de percevoir le droit de méage, ou de deux sous par muid de marchandises qui remontaient la Loire. Un nouvel incendie brûla vingt-neuf maisons dans les rues de la Boucherie , de la Clavurerie et de l'Erail. En 1685 , le portail de Ste.-Croix fut commencé, le jardin des jeux de l'arbalète ou du papegault fut donné aux
apothicaires , l'édit de Nantes fut révoqué , Flechier et les dragons vinrent successivement essayer la conversion des calvinistes ; les dragons seuls obtinrent quelques abjurations. Ce fut cette même année que Ton commença les armements pour la traite. En 1691 , le roi créa à Nantes un siège d'amirauté. En 1693, Louis XIV pour se procurer de l'argent, créa un grand nombre de charges vénales. Ce fut un nouveau moyen pour les villes riches d'obtenir de la liberté en la payant ; aussi les victoires ruineuses du grand roi, tournèrent-elles uniquement au profit des bourgeois qui achetèrent la plupart de ces charges pour les rendre électives et les confier à des hommes de leur choix. En 1692 , les religieuses de Ste.-Catherine s'établirent dans la maison de la Touche, où elles ont été remplacées par les prêtres irlandais qui demeuraient d'abord rue du Chapeau-Rouge. L'école de charité de Ste.-Marie, pour l'instruction des jeunes filles, fut fondée par M.*"« Dubras, et la communauté du Bon-Pasteur par M. 6lle Gaudin, lingère, et le diacre M. Barbot de la Perinière. En 1697, l'on s'occupa de l'éclairage des rues. Cette partie de la police resta encore bien imparfaite. Il n'y avait en tout que cent cinquante lanternes dans lesquelles on brûlait de la chandelle pendant trois mois d'hiver. En 1699, un édit du roi créa les commissaires de police. — Le séminaire fut reconstruit sur les plans de M* Couperiet