‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 152 sur 309 · SCENE I. u-M · texte numérisé non relu

SCENE I. u-M

ZÈrULBÈ.

Je l'ignore.

KÉSIE.

Mais , enfin , quel est donc son nom ?

ZÈTULBÈ.

Je ne puis te le dire encore.

RÉSIE.

Et VOUS l'aimez ?

ZÈTULBÈ.

Oh ! tout de bon !

ZÈTULBÈ.

Ne crois point que je plaisante :

Non , je ne sais point son nom ; Pour toi je n'ai point de mystère , Tu vois comme je suis sincère :

De tout je t'ai bien mise au fait.

Mais , mon amie , Je t'en supplie , <^ I Garde-moi bien un tel secret !

KÉSIE.

Oh ! la chose est surprenante :

L'aimer , sans savoir son nom !

Oui , oui , vous parlez sans mystère , Je vois que vous êtes sincère ; Du tovit me voilà bien au fait :

Et , de sa vie , Votre Kësie Ne trahira votre secret.

KÉSIE.

Après tous les renseignemens que vous venez tle me donner , il ne vous reste plus qu'à m'instruire de la manière dont vous avez fait connoissance avec votre amant.

ZÈTULBÈ.

Tu as raison, et je vais te satisfaire. Il y a environ deux mois , je rentrois de la promenade, accompagnée de la femme qui étoit, avant toi, au service de ma mère. Près de la place, nous nous trouvâmes attaquées par une bande de ces Arabes du désert, qui viennent souvent, à la faveur des ombres de la nuit, exercer leur brigandage dans la ville : la frayeur m'avoit déjà ravi l'usage de mes sens, lorsqu'un jeune inconnu se présente j... il se jette sur les scélérats qui m'entouroicnt, les disperse, s'approche, me regarde, et laisse échapper un soupir... Je prends soudain la fuite ; mais, je l'avoue, ce soupir, les regards dont il fut précédé, portèrent dans mon cœur un trouble, une émotion que je crus d'abord l'effet de la reconnoissance, et que bientôt je reconnus être l'ouvrage de l'amour.

KÉSIR.

Avcz-vous fait part de crftc aventure à votre mère?

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