SCENE IX
ZÉLINA.
Les jours de fête il nous fait danser, Monseigneur.
LE COMTE
Il fait danser? Parbleu cela se trouve à merveille! nous allons mettre son talent à l'épreuve j car je veux,, belle Zélina , ouvrir le bal avec vous. ( A Pédriiie. ) Allons 5 vous aurez le plaisir de faire danser la belle cousine.
PÉDRILLE
Qui ? moi ! ( A pari. ) Maudite situation !
SOPHIE, à part.
Cette jeune fille l'occupe entièrement.
ZÉLINA, bas à PédriUe.
Prends donc garde ! tu fais tellement la mine d'un mari , qu'il lui sera impossible de s'y méprendre.
PÉDRILLE
Diable! qu'il ne s'en avise pas. (Haut, avec une gaiié coîktrainte.) Certainement... c'est avec plaisir, Monseigneui'. (A part.) Que le ciel le confonde !
LE COMTE
Que dit-il?
ZÉLINA.
Qu'il va chanter une ronde.
Fort bien ; c'est la vraie danse villageoise : qu'on lui donne une guitare...
SOPHIE
Que sa gaîlc me fait souffrir !
RIUALDO j à Sophie.
Et toi, mon enfant j un petit accompagnement obligé de castagnettes : tiens, en voici. (BasiSopiiie.) Prenez, cela vous servira de contenance.
FÉDRILLE, à part.
J'enrage! et ne sais quelle mine je dois faire.
LE COMTE , en montrant PédrlUe.
Eh bien ! (ju'attend-il donc ?
ZÉLINA.
Il cherche Pair qui convient le mieux à la situation.
LE COMTE
Le plus gai sera le meilleur.
PÉDRILLE, irès-trisleincnl.
Allons ! . . . vive la joie !
PREMIER COUPLET
Deux ëpoux s'offrirent pour Lise :
L'un ctoit jeune , l'autre vieux ^ Elle cconduit la barbe grise ; L'autre , moins sage , est plus heureux. « Qu'avec Urbin l'hymen t'engage , )> Dit son père ; je le veux bien ; » Mais dès qu'on se met en mënage , » Plus de repos, je t'en prévien. »
Ah ! si la pauvre fille
Eût cvi plus de raison ,