ACTE I, SCÈNE IV
sant ma jeunesse, égarant mon cœur tourmenté du besoin de la gloire , m'a conduit dans le sentier du crime ; il faut que je l'en punisse, il faut qu'il meure, et qu'il meure de ma main. Je sais que son courage égale sa cruauté : je n'ignore point le danger d'une pareille entreprise ; mais, pour la tenter, il me suffit que l'estime de Zoraïme en doive êti^e le prix. Le plus affreux des supplices est de craindre un reproclie de ce qu'on aime. Eh ! que m'importent les hommages, les vaines louanges du monde entier? c'est le suffrage de Zoraïme que je veux ; mon âme n'est plus en moi ; je ne vois , je ne juge que par ses yeux ; et même au sein de la vertu, je n'oserois croire à mon innocence , si elle étoit soupçonnée de celle que j'adore... Mais on vient ; c'est Zoraïme ! Ah ! pourquoi les remords viennent-ils troubler la douceur que me fait éprouver sa présence ?
( Uassem sort. )
8o ZORAIME ET ZULNAJi.