‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 56 sur 309 · ACTE I , SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I , SCÈNE V

ZULNAR, troublé.

Hé ! bien?..

ZORAÏME.

Celle ardeur Que tu fis naître dans mon cœur , Pour toi n'a-t-elle plus de charmes? ^

ZULNAR.

Ah ! quel doute odieux !

Quelle cruelle offense !

A toute heure , en tous lieux , Je ne vois , je ne pense Qu'a l'objet de mes feux.

Dans mes transports , j'oublie L'univers près de toi ; L'amour est tout pour moi :

C'est mon bien , c'est ma vie ; Le dieu consolateur Qui m'enflamme , m'inspire ; Qu'en mon brûlant délire Je porte dans mon cœur.

ZORAÏME.

Pourtant de ton amie Tu vas te séparer?

ZULNAR.

De la plus tendre amie Il faut me séparer.

Ah! qui peut t'inspirer Celte coupable envie ?

ZORAIME ET ZULNAR.

ZULNAR.

No m'inteirogcz pas.

( A part. ) O cruel embarras !

Quelle contrainte horriljlc !

Qu'elle me fait souffrir!

D'un tourment si terrible , O ciel ! viens me guérir.

ZORAÏME , & pan.

Il ne me rdpond pas :

D'où vient son embarras?

Incertitude horrible Que lu me fais souffrir !

D'un tourment si terrible , O ciel ! viens me gucrir.

ZORAÏME.

Cruel! tu me résistes eu vain; je saui'ai pénétrer ce mystère.

Page 1