‹ Essais littéraires de Saint-Just (volume 2)Chapitre 62 sur 309 · ACTE II, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE I

DUO

HASSEM

Ah ! ne doute pas de mon cœur ! Et crois que l'amour qui m'anime , Surpasse la bouillante ardeur Qu'Enolf ressent pour Zoraïme.

ZÉIDE.

C'est bien moins par de vains discours Qu'il sut rendre son cœur sensible.

Que par le courage invincible Qui pensa lui coûter ses jours.

HASSEM

Autant que lui l'honneur m'enflamme.

ZÉIDE.

Ah ! lorsqu'au sortir des combats , Un amant aux pieds de sa dame , Revient tout prêt à rendre l'âme ; C'est alors , mon cher , qu'une femme A l'amour ne résiste pas.

HASSEM

Ma foi ! d'obtenir tes appas Mon âme devient moins jalouse , S'il faut mourir pour qu'on t'e'pouse ; J'en conviens; je crains le trépas.

ZÉIDE.

Calme l'effroi qui te tourmente ;

Zéide n'est point exigeante ;

Tu peux me plaire à moins de frais.

y6 ZOMIME ET ZULNAR.

HASSEM

Bou , ma chère ! tu mu rassures.

ZÉIDE.

Trois ou quatre bonnes blessures , C'est tout ce que je te voudroîs.

HASSEM

De ce vœu , soit dit sans mystère , Je ne me serois point doute ; L'amant le plus l'ait pour te plaire , Me paroissoit , en vérité , Celui qui jouissoit , ma chère , De la plus parfaite santé.

ZÉIDE.

Hassem , tu peux m'en croire !

Lorsqu'on veut être aime.

Du désir de la gloire Il faut être animé.

ZÉIDE.

Pour défendre .sa belle , Un amant ne craint rien ; Va bénit sou destin , .S'il peut mouiir pour v\U\

HASSEM

Oui , movuir pour s;i Ix-llc , C'est fort beau , j'en convien ; Mais un plus doux destin , C'est de vivre pour elle.

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