‹ Essais littéraires de Saint-JustChapitre 10 sur 232 · SCÈNE Y · texte numérisé non relu

SCÈNE Y

IDALCAN, MIRZA.

IDALCAN.

Souffrez qu'Idalcan vienne auprès de vos charmes Oublier un instant le tumulte des armes. Plus il vous voit , Mirza , plus il lui semble doux D'avoir pu vous offrir un sort digne de vous. Du destin trop aveugle il répara l'injure. Et, brisant les liens de votre chaîne obscure. Vous fit passer des fers d'un vieillard ignoré Au pouvoir d'un vainqueur de l'Inde révéré, Qui voit que dans l'Asie à "ses lois tout se range Depuis les monts de Gât jusqu'aux rives du Gange;

ao MIRZA.

De ce fleuve sacré qu'adorent ces climats , Dont le cristal mobile , au sein de mes Etats, Roulant un sable d'or en ses sources fécondes, Y dépose à mes pieds le tribut de ses ondes. C'étoit trop peu pour vous d'habiter ce séjour, D'ajouter à l'éclat qui brille dans ma cour 5 Il vous falloit jouir d'une entière victoire 5 Et l'on vit Idalcan, du faîte de sa gloire, Parmi tant de beautés qui subissent ses lois. Sur l'heureuse Mirza laisser toraber son choix. Par un si beau triomphe excitez donc l'envie. Et ne retardez plus le bonheur de ma vie.

MIRZA

J'étois loin de penser qu'Idalcan fit jamais Dépendre son bonheur de mes foibles attraits. C'est la gloire qui doit régler sa destinée 5 Qu'il porte donc l'effroi dans l'Asie étonnée, Et laisse son esclave, en sa captivité. Jouir au sein des pleurs de son obscurité.

IDA.LCAN.

Connoissez mieux, Mirza, le pouvoir de vos charmes j Ils triomphent d'un cœur nourri dans les alarmes. Au milieu des dangers, à sa cour, dans son camp. Votre image poursuit le superbe Idalcan j Ce n'est point qu'ouJjliant l'éclat qui m'environne.

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