‹ Essais littéraires de Saint-JustChapitre 11 sur 232 · ACTE l, SCENE Y. ui · texte numérisé non relu

ACTE l, SCENE Y. ui

A (le lâches soupirs mon âme s'ahandoiine^

Je vous aime, il est vrai, mais non de cet anioiiv

Qui, pour se déclarer, emploie un vain détour 5

Dont les timides feux languissent dans les craintes ,

Et vengent un mépris en exhalant des plaintes.

Votre maître sait rendre hommage à la beauté;

Mais des droits du sérail il arme sa fierté ;

Dans ses transports bouillant , dans son courroux terrible ,

En lui l'amour n'est point un penchant doux , paisiJ>le j

C'est ce feu violent dont tour à tour l'ardeur

Brûle , glace , ravit et dévore le cœur.

A cet amour il faut répondre enfin , Madame ;

Tant de froideur commence à fatiguer mon âme ;

Rendez-vous ; ou craignez qu'un amant outragé

Qu'on dédaigne aujourd'hui, demain ne soit venge.

MIRZA

Peut-être la menace aux combats est utile; Mais un guerrier qui veut rendre une âme docile A des moyens plus doux, Seigneur, doit recourir; Un cœur peut se gagner , et non se conquérir. On écoute celui qui n'aspire qu'à plaire ; Mais on fuit en tremblant loin du maître sévère Qui vous dicte ses lois, et qui, dans sa fureur, En vous pariant d'amour, vous glace de terreur.

(Elk' sovi.)

■2 2 MIRZA

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