‹ Essais littéraires de Saint-JustChapitre 105 sur 232 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

SELMOURS, GASPARD.

SELMOURS,

r EUT-ON voir, maintenant. Madame de Valmore?

GASPARD

Ma maîtresse, Monsieur, n'est point visible encore 5 Elle est à sa toilette , et s'apprête à sortir.

Déjà? de si bonne heure où peut-elle courir ?

iH/f LES PROTECTEURS.

GASPARD

Ou doit , vous le savez , accorder à sou frère Un poste fort brillant qiii touclic au ministère ; Monsieur de JMontalbert voyage en cet instant j Et madame sa sœiu-, pendant qu'il est absent. Fait, peut-être, pour lui les visites d'usage.

SELMOURS.

La corvée est pénible, et la ravit, je gage.

De ministre en ministre, aller porter ses pas,

Est pour elle un plaisir que je ne conçois pas 5

Ou la voit, cliaque jour, follement exaltée,

Allant, venant, courant 5 par l'un sollicitée 5

Sollicitant pour l'autre 5 et trouvant le secret

De s'employer pour vous, eu dépit qu'on eu ait.

Ne suivant que l'essor de sa tête légère.

Veut-elle, par malheur, s'emparer d'une affaire?

Elle possède l'art de l'embrouiller si bien ,

Qu'à l'objet le plus clair, on ne comprend plus rien.

Souvent même pour vous, quand son zèle conspire,

Loin de vous être utile , il finit par vous nuire 5

Et, si de réussir on a l'ambition.

Dieu veuille ! qu'on écbappe à sa protection!

GASPARD

Je vois, quoique amoureux, que Monsieur, toujours sage. Des vulgaires amans loin de suivre l'usage.

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