SCÈNE YI
IDALCAN.
Qu'entends-je?... quoi! l'ingrate et me fuit, et me Lrave!
Comment à ce discours reconnoître une esclave?
Mon orgueil n'est point fait à des aiFronts pareils ;
C'est son cœur que je veux, et non de vains conseils.
Allons ! j'ai trop long-temps supporté son audace j
L'amour fuit de mon cœur 5 la fureur le remplace.
Puisque de mes bontés elle ignore le pinx.
N'écoutons que ma rage, et vengeons ses mépris.
Mais quel transport m'égare ! . . . et quel est donc son crime ?
Je viens l'entretenir de l'ardeur qui m'anime.
Je clierclie les moyens de pouvoir l'attendrir.
Elle me les apprend; et je veux la punir!,..
0 trop foible Idalcan! où t'a réduit ta flamme?
A souffrir les leçons que te dicte une femme.
Et qu'importe?... moi-même, au milieu des honneurs,
N'ai-je point mille fois rougi de mes fureurs?
Trop lieureux, si je puis, ajoutant à ma gloire.
Remporter sur mon cœur une noble victoire !
Idalcan moins cruel, sans perdre son pouvoir,
Scroit peut-être aimé... je cètlc à cet espoir.