‹ Essais littéraires de Saint-JustChapitre 126 sur 232 · SCÈNE lY · texte numérisé non relu

SCÈNE lY

MONTALBERT , madame de VALMORE.

MADAME DE VALMORE

Eh bieii, clier MontalLert ! vous avez vu Sehnours ?

MONTALBERT.

Dans son indépendance, il veut rester toujours.

Ali quel homme ! on ne vit jamais un fou semblable.

MADAME DE VALMORE

Quoi ?

MONTALBERT.

Parce qu'il possède un bien considérable , Qu'il est libre, chéri , qu'on le fête en tous lieux, On le voit, bonnement, croire qu'il est heureux.

MADAME DE VALMORE

De servir un ami, la douce jouissance

Charmoit mon cœur j j'en perds à regret l'espérance.

MONTALBERT.

Autant que vous, croyez que je suis afEigé. Quel honneur m'auroit fait un pareil protégé 1 Avant peu son esprit que la justice éclaire , De la commune voie eût franchi la barrière : Admirant ses succès, partout on se fui dit ;

Trop lieureux le mortel que MontalLert produit ! Mon crédit en eût pris une force nouvelle 5 Et lorsque de Selmours on eût payé le zèle, Ces grâces , paroissant l'effet de mon pouvoir , Chacun de l'implorer se fût fait un devoir.

MADAME DE VALMORE

Selmours a vraiment tort. Il auroit dû, je pense,

Se laisser protéger, au moins par complaisance.

A mon tour, je verrai s'il me résistera;

Mais pour l'instant , mon frère , il faut laisser cela.

Voilà votre précis : je dus, en votre absence,

Par votre ordre, au ministre en donner connoissance.

De le lui pi'ésenter déjà je m'occupois,

Lorsque j'appris le but de vos nouveaux projets.

Comme vous censuriez , dans ce plan de réformes ,

Ainsi que les abus, les dépenses énormes

Auxquelles se livroit l'administration

Qu'on soumet, en ce jour, à votre inspection;

Que même vous prouviez qu'elle étoit inutile :

Je me suis bien gardé de montrer votre style

Je vous rapporte donc

MONTALBERT.

Vous avez d'autant mieux.

En cette occasion, agi suivant mes vœux, Que j'ai, sur ce sujet, fait un autre Mémoire,

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