‹ Essais littéraires de Saint-JustChapitre 184 sur 232 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LA PRINCESSE

Oui, l'espoir d'une vengeance prompte et terrible peut seul me consoler de l'affront que je reçus chez Munster. C'est peu qu'Ida, comblée des témoignages de la plus tendre amitié, vienne déjà d'être décorée de cet ordre institué par la princesse , et qui distingue parmi les femmes de sa cour celles qu'elle lionore le plus de sa confiance 5 elle doit encore jouir de l'honneur de présenter la coupe à Sophie au banquet qu'on

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prépare pour célébrer l'arrivée de l'impérati'ice dans cette ville. 0 dépit ! quoi , cette Ida romproit un tymen qui ne laissoit plus d'obstacles à mon ambition, usurperoit mon crédit, et conserveroit le pouvoir de me perdre dans l'esprit de la princesse , en l'instruisant de la démarcbe que j'ai faite aujourd'hui ?

Non, le temps presse, le moyen est violent; mais c'est le seul : plusieurs membres d'un tribunal puissant sont dans mes intérêts ; déjà tout est prévu, préparé, et bientôt, grâce aux soins d'un écuyer fidèle, les soupçons les plus affreux prêts à tomber sur mon ennemie, vont l'entraîner dans l'abîme... Je n'ai point instruit le comte, et la prudence l'exigeoit ainsi: peut-être n'auroit-il point voulu s'unir à moi pour perdre Ida ; mais quand il la verra chargée du plus noir forfait, croyant agir envers une coupable, il sera

le premier à poursuivre ma victime Ou vient, c'est

l'impératrice qui s'avance, suivie de sa cour.

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