MIRZA, ZÉANGIR
ZÉANGIR
Rassurez-vous , Mirza 5 le farouclie Idalcan, Au lever de l'aurore a volé dans son camp. Je puis donc en ce lieu d'esclavage et de crainte , Pour la première fois , vous parler sans contrainte 5 Faire éclater des feux nés au sein des malheurs, A.ccriis dans le mystère, et nourris dans les pleurs.
8 MIRZA
MIP.ZA.
Le destin, il est vrai, nous poursuit l'un et l'autre,- Mais, Seigneur, que mon sort est différent du vôtre î Si, courant à la gloire, un funeste revers Suspendit vos exploits , vous plongea dans les fers , L'espérance adoucit votre douleur profonde 5 \ous pensez que bientôt, abandonnant Golconde , Vous irez retrouver un père couronné, Et jouissez déjà d'un retour fortuné.
Mais Mirza, sans parens, par le ciel poursuivie. Traîne dans le malheur le fardeau de sa vie. Puisqu'à l'horreur des fers me destinoit le sort. Que ne me laissoit-il du moins près de Phanor ! Par ses soins généreux il forma mon jeune âge; Captive , j'ignorai les maux de l'esclavage Jusqu'à ce jour terrible où le fier Idalcan Reparut en vainqueur aux rives de Phocan, Semant partout la crainte, enivré de sa gloire, ïl me voit, et m'enchaîne au char de sa victoire; C'est en vain que mes pleurs implorent sa pitié; N'écoutant pour Phanor que son inimitié, 11 m'entraîne à Golconde, où je suis condamnée A finir sous ses lois ma triste destinée.
ZÉANGIR
Quoi! vos larmes n'ont point désarmé sa rigueur?