‹ Essais littéraires et historiquesChapitre 14 sur 36 · DES DEUX PHEDRE S · texte numérisé non relu

DES DEUX PHEDRE S

des reltcensea et des déguisements dôut nous avoua tant besoin pour cacker à nos propres yeux comr bien la corruption universelle est hideuse y était beaucoup moins cultivé dans la vie sociale des Grecs. Lem* commerce était franc; il n'y aviut point entre eux cette barrière du cérémonial et àh la gène mutuelle qui cachent Thomme à Thomm^* Ensuite Euripide a voulu peindre une grande élu* sticité morale qui repousse le vice avec une violence tout à fait involontaire* Hippolyte et sa bellemère dans la pièce de Racine sont sur le pied de rétiquette; ils se font des visites de devoir: de U on ne passe pas si facilement à se laisser aller aux impressions naturelles; par conséquent^ Hippolyte^ quand il s'aperçoit de la passion dén»-* Inrée de Phèdre/ répond avec politesse et i*etenue. Mais la manière dont aussitôt après il maîti'ise ses impressions lorsqu'il se trouve seul avec son * ami intime Théramène^ convient plus à Tâge mur d'un homme du monde qu'à la jeunesse fougueuse d'un héros. Dans la scène d'Euripide dont je parle, se trouve ce vers fameux: Ma langue a fait le serment, mais non pas mon ame, vers dont Aristophane a tant raillé le poëte^ et dans lequel^ en effety la restriction mentale des casuistes paraît anticipée. Mais on conçoit qu'il est facile de donner une interprétation odieuse à un passage , en le prenant isolément. Certes, Euripide, dans cette tragédie, n'a rien voulu insinuer contre l'autorité du serment, puisque Hippolyte périt plutôt que de trahir le sien. Il a voulu montrer son héros telle-

COMPARAISON

raent ' pcnétriu d'IioiTeur pour ce qu'il vient d'entendre, que dans le premier instant le serment même qu'il a prêté de garder le silence , ne lui paraît plus obligatoire. A la fin de la scène , il s'est déjà calmé, il dit à la nourrice: »Sache, d »ïemnie, que ma piété seule te sauve; car si je »n^étais pas enchaîné par des sei*ments sacrés, rien >>ne m'aurait empêché de découvrir* ceci à mon »ptTe.a

Hippolyte dans Euripide ne pai*ait devant son père qu'après raccusatio^, ce qui rend leur enti^evne beaucoup plus frappante. Dans Racine, au contraire, il entre avec Thésée au troisième acte, et reste auprès de lui après le départ de la reine. Il débute par des paroles de mauvais angure pour sa défense, en s'appelant le tremblant Hippolyte, Pourquoi trembler avec le sentiment de son innocence, n'étant encore accusé de rien et ne devant pas craindre de l'être? Son amour pour Aricie, désapprouvé par son père, pourrait seul en être le motif; mais dans le moment où il se donne cette humble épithètc, il n'y pense pas, car il demande seulement à être éloigné de Phèdre. La scène, de Racine qui répond à la scène grecque où Thésée bannit sons fils , et qui peut être comparée à celle-ci dans ses détails, c'est-à-dire la seconde du quatrième acte, paraît bien faible auprès de Tonginal, surtout si Ton en retranche plusieurs vers extraits ou traduits d'Euripide, Ce n'est pas que le poëte français n'ait assez prodigué la rage et les injures. La véritable énergie est

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