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CHAPITRE VlII

Revue des langues affiliées au safiscrit.

Je passerai maintenant en revue les langues et les peuples dont fai fait rénumération; mais le ^ujet est si vaste, que je dois me borner à quelques remarques générales.

Le sanscrit.

Quoique notre intention ne soit pas de dériver aucune des langues en question de l'autre, néanmoins le sanscrit est éminemment propre i devenir le point central de toutes les comparaisons à faire. Il a été fixé dans une antiquité fort éloignée par des ouvrages qui, jouissant d'une autorité sacrée, et servant de modèles, ont mis un terme à Tiustabilité de l'usage. Ces anciens documents éciûts existent; étant composés en vers, ils ont conservé la nature polysyllabique des mots, les consonnes caractéristiques, les voyelles sonores, et les terminaisons significatives. En tout* l'empreinte originale y est fortement prononcée. Mais le sanscrit n'a pas seulement été cultivé par son emploi aux plus nobles objets de la pensée; la théorie aussi en a été développée de bonne heure, et les grammairiens indiens sont probablement les plus anciens du monde. Rappelons nous que la grammaire, comme sciepce, était encore inconnue aux Grecs dans le siècle de Platon et d'Aristote.

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Le persan.

Le persan d'aujourd'hui est une idiome de formation moderne; le plus ancien livre, le Shah- Nameli de Firdousi, ne date que de huit siècles. Cette langue est née de la conquête des Arabes, et de l'introduction violente de Tlslamisme. C'est donc une langue mixte, fortement imprégnée d'arabe; mais la partie nationale, toute contractée, ti*onquée, et dépouillée de ses inflexions qu'elle est, offre encore des ressemblances frappantes avec le sanscrit. Il est donc à présumer que l'affinité aura été jadis beaucoup plus grande; et cette présomption est justifiée par les recherches historiques sur cette langue qui a subi tant de révolutions. On sait à quel point le fanatisme aveugle des Mahométans a sévi contre la littérature sacrée et profane des Perses. Néanmoins, le zèle des adorateurs du feu a sauvé de la desti*uction généi^ale les livres attribués à Zoroastre. Ils existent tant chez les Guèbres en Perse que chez les Parsis du Guzerate; mais tels que nous les avons, ils ont probablement été recomposés sous les premiers Sassanides. Car cette dynastie avait été précédée d'une époque barbare; de la domination des Parthes, qui, étant de race semi-scythique, négligèrent le culte national, et favorisèrent les mteurs étrangères. Un linguiste du premier ordre, M. Eugène Burnouf, a fait lithographier, d'après un beau manuscrit, une portion du Zend-jés^esta^ le Vendidad. Son commentaire sur le Yaçna est le fruit d'un immense travail. La langue zende, dans laquelle ce

DE LOniGiNE

livre est coinposi;, a conservi; heaunnup Je formes I grammaUcaleB analogues au sanscrit; et c esl pi-in- ' cipalcnieiit par le secours de cette dernière lan- Lgue qu'on doit arriver à une explication mt-tho- L digue des textes. M. Bopp, dans sa Grammaire I Comparée, dont la première partie vient de pa- I raîlve, a commence à donner une analyse exacte I et détaillée des inflexions du zend. JVons poii-

TOns donc espérer de panenii- pai* les efforts r Brunis de plusieurs savants à comprendre Lienf'n [■ Jes livres sacres des Parsis, mieux cjue les Mobedi

[ et Destours de Bon ' K&issent le contenu

, (jui nen conti'adition assez

vague.

Il ne nous reste que quelques traces éparses de la langue des Perses sona la dynastie des Âcliéménides , c'est à dire sous les rois depuis Cyrus jusqu'au dernier Darius: ce sont les noms propres, quelques mois, cl les inscvlptioas cuncifornies, au decliiffrement desquelles la sagacité de M. Lasseu a fait faire un grand pas. Ces vestiges suflîsent pour consulter une affinité intîrae avec le sanscrit Tel nom persan pouirait également bien appartenir aux deux langues. Dans d'auti'cs nous recon au moins l'un des deux éléments dont ils se ci posent pour du sanscrit pur. '

so^^

8) Le nom de Mithradate, fréquent chez !ei anciens Perses, et g^ne'raleuient adopté par les rois Je Pont qui deaceiidaient des Aclie'ménîdei:, signifie >>donné par le soleil, « et répond au grec 'ifAfdd^oiof. Mithrai

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Mais comment de fait-il donc, objectera- t-orf, que ]es ar(6ièkis Persans ne se soient pas doutés de cette parenté Nationale? Je réponds que les deux nations avaient été séparées pair 'un immense intervalle, en toute' apparence pendant une longue suite de siècles. Originairement le siège des Mèdes et des Perses (deux noms par lesquels les Grecs désignaient le même peuple) a été viors l'occident, stir les confins dé TÂssyrié; là o^nquéte a étendn leur empire jusque vers' tes bords de l'Indus. Mais le grand roi n'a jamais compté parmi ses sujets dès peuplcis véritablement Hindous. La retue de^ armées {Persanes le prouve suffisamment; les élé^ plirants, encore en très -petit nombre, paraissent pour la première fois dans la bataille d*Ârbèle.

e»t un nom bien connu du soleil, adoré conime ùné divinité. En sanscrit' ce sei^ait Miiràdatias. ' ^L|i Hv* iminaison aartjjq signi6e cheval; en sanscrit'iifM». Une fouIe.de noms Grecs se terminent de la inème s manière par ïnnoç. Jfystafpe (Gujshtaâp), . l'un du petit, inoiobce de, noms anciens , qui s^.sont cooaeryés daq^..ia :tra4Jx' lion populaire des Persans modernes ;, «somblie &irq. |aU Insîon au hennissement d'un cheval. Le nom que portaient plusieurs rorjs d&Çappadoce^ qui se glorifiaient de la même origine que ceux de Pont, Ariarathe^ signlfîè »monté sur un char glorieux ;« en sanscrit, ârvaraihas. Cela se rapporté' à i emploi' des chars da fis la guerre. Voyez Ina Biblitfthèe/ue indienne^ t6m. 'ir. |ïi^. 308—313; et mes Réflejnons sur Vetfidt'dèis làngàés asiai. p. 70. . •*

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