LES DEUX ANGES
Nous avons pleuré bien des fois ensemble , Les regards perdus diins les deux ouverts ; Le soir, au foyer, quand on se rassemble, Nous avons prié , pendant les hivers , Pour les voyageurs qui courent les mers.
Nous avons marché sur la même route , Nos jours sont pareils dans notre passé ; Nous sommes venus de l'espoir au doute... Dans l'àpre désert qu'il a traversé Chacun de nos cœurs souvent fut blessé !
Relevant du bras l'indigent qui tombe, Nous avons guéri d'améres douleurs ; Nous avons cherché sur plus d'une tombe L'aride sillon creusé par des pleurs ; Nous avons aimé les champs et les fleurs.
Nous avons ;iiiné tout ce qui respire... Mon U(u ! des plaisirs que tu nous défends Nous n'avons jamais connu le sourire; Tristes et rêveurs , gais et triomphants , Nous avons vécu comme des enfants.
Nous avons rêvé tous deux sous les saules A l'heure où d'en haut la nuit va venir ; Laissant les Atlas courber leurs épaules Sous le dur fardeau d'un sombre avenir, Nous n'avons rien su qu'aimer et bénir !
C'est que Dieu créa nos âmes ensemble ; C'est que dans le ciel mon ange gardien Au vôtre sourit, au vôtre ressemble; C'est qu'il est entre eux un chaste lieu , Que votre ange, à vous, est frère du mien !
Fariolo.