‹ Essais littéraires sur Shakespeare;Chapitre 119 sur 252 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Le palais du roi Lear.

Lear, roi delà Grande-Bretagne , a déjà marié ses deux filles aînées j Regane, au duc de Cornouailles, et Gonerille , au duc d'Albanie. Il lui en reste une troisième à pourvoir : celle-ci , nommée G^rdelia, et la plus chère à son père , est demandée à la fois par le roi de France et par le duc de Bourgogne.

Le roi veut distribuer ses états à ses gendres j et, pour mesurer ses dons à la tendresse que lui portent ses trois filles, il les interroge toutes trois sur leur amour filial. Regane et Gonerille lui répondent par des protestations exagérées. Cordelia, au contraire, s'explique sincèrement, et avoue que, malgré l'attachement qu'elle a pour son père, son époux aura autant de droits sur son cœur.

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Irrité de cette franchise, Lear partage tous ses états entre ses deux premières filles , à la seule condition qu'elles le recevront tour à tour auprès d'elles, et lui entretiendront une suite de cent chevaliers.

Un des favoris du roi, le fidelle Kent, qui apprécie les sentiments de Cordelia , veut ramener son maître à une conduite plus équitable et plus digne d'un père. Mais Lear, dans son emportement, le bannit de sa présence.

Il demande ensuite aux deux rivaux qui briguaient la main de Cordelia s'ils veulent la prendre sans autre dot que la malédiction paternelle. Le duc de Bourgogne recule devant cette proposition j mais le roi de France , plus désintéressé , l'accepte pour épouse , et part avec elle.

Regane et Gonerîlle , dès qu'elles sont seules , parlent entr'elles de leur père, comme d'un vieillard dont la raison est aliénée , et dont il est urgent pour elles d'entraver les caprices, et de s'approprier la puissance.

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