‹ Essais littéraires sur Shakespeare;Chapitre 120 sur 252 · SCÈNE SECONDE · texte numérisé non relu

SCÈNE SECONDE

Le château du duc de Glocester.

Shakspeare ne s'est pas fait scrupule , dans cette pièce, de rendre l'action double , pourvu qu'il conservât l'unité d'impression , et nous allons entrer dans une intrigue qui se lie médiocrement avec celle que nous venons de voir commencer, mais qui repose sur une donnée pareille. Le but de Shakspeare est de peindre un père accablé de maux par des enfants qu'il

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a comblés de bienfaits , soutenu par celui qu'il a repoussé loin de ses bras. Ce tableau, que le roi Lear et ses filles sont destinés à nous ofirir, se retrouve encore dans la famille du duc de Glocester.

Ce duc a deux fils , Edgar , né de son mariage , et digne par ses vertus de toute la tendresse de son père, et Edmond^ enfant naturel, perfide, hypocrite et dénaturé.

Jaloux des droits qu'assure à son frère une naissance légitime , Edmond a formé le projet de le perdre dans l'esprit de leur père. Il a fabriqué une lettre dans laquelle il a su imiter l'écriture d'Edgar , et qai dévoile un projet de parricide. Il se fait adroitement enlever de force cette lettre par le duc , dont il irrite la colère , en feignant de vouloir l'apaiser.

Il promet à son père de lui donner des éclaircissements plus positifs ; et, quand le duc l'a quitté, il cherche son frère , auquel il persuade que le duc est étrangement irrité contre lui , et qu'il n'a d'autre ressource que celle de se cacher dans le premier moment. Le crédule Edgar va en effet s'enfermer dans la chambre d'Edmond , qui se charge de calmer le ressentiment de leur père.

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