‹ Essais littéraires sur Shakespeare;Chapitre 141 sur 252 · SCÈNE SECONDE · texte numérisé non relu

SCÈNE SECONDE

Une salle du palais du roi.

Le roi Jean vient de renouveler la cérémonie de son couronnement. Salisbury , Pembroke et les autres lords lui demandent de mettre en liberté son neveu.

Hubert entre et annonce au roi la fausse nouvelle de la mort d'Arthur. Cette mort est justement suspecte aux seigneurs anglais, qui se retirent, dans l'attitude d'un sombre mécontentement.

Jean reçoit en même temps la nouvelle d'une descente des Français en Angleterre , et de la mort de sa mère Éléonore.

Pour surcroît de revers, Faulconbridge , en lui apportant les levées d'argent qu'il a faites sur le clergé, lui annonce qu'il a trouvé tout le peuple animé contre son règne par un prophète de Pomfret , et les seigneurs d'Angleterre remplis d'indignation, et se mettant en route pour aller visiter le tombeau d'Arthur.

Le malheur est le plus éloquent des moralistes^ et les menaces du sort, en frappant coup sur coup le roi d'Angleterre , lui inspirent le regret d'avoir fait tuer son neveu ; il reproche à Hubert d'avoir exécuté ce crime qu'il lui a commandé. Hubert déclare alors,

comme Coucy dans Adélaïde , que le jeune prince est vivant. Jean lui ordonne de courir apaiser les seigneurs par cette nouvelle. Rien de plus vil , de moins théâtral , que les tergiversations du roi Jean dsrns toute cette scène.

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