‹ Essais littéraires sur Shakespeare;Chapitre 16 sur 252 · XX DU THEATRE ANGLAIS · texte numérisé non relu

XX DU THEATRE ANGLAIS

gère les causes de tout ce qui le frappe -, rallëgorie vint personnifier les passions ou les facultds humaines. Ce que Socrate se vantait d'avoir fait pour la philosophie, on le fit pour Fart théâtral , qui en doit être l'école -, on le rappela du cîel sur la terre *, on cessa peu à peu de profaner dévotement les choses saintes , et la place resta libre aux enseignements de la vertu et de la sagesse.

L'invention de ce nouveau genre est attribuée à Skelton , poëte lauréat sous Henri vu -, il en ofi're les premiers essais connus. N'oublions pas un rapprochement curieux -, ce réformateur du théâtre fut , chez les Anglais, le premier auteur de satires (*). Quand on commence à étudier les hommes , on est bien près de rire à leurs dépens.

J'ai sous les yeux trois moralités. Dans la première , on voit un homme abandonné au moment de la mort par ceux sur qui il avait le plus compté, et ne trouvant d'^appui qu6 dans le souvenir de ses bonnes actions. La seconde nous représente une espèce de Salmonée, un blasphémateur impie , qui, ayant beaucoup voyagé (^ voyager, c'est s'instruire, s'^instruire passait déjà pour aller à l'incrédulité ) , ayant comparé beaucoup de nations et de mœurs difiiérentes , qu'il décrit avec emphase , affecte de railler la religion et la vertu , et voit ses doctrines victorieusement réfutées et confondues par la piété j la contemplation , et IsLperséi^érance. Dans la troisième moralité^ dont on fixe la date au commencement du règne d'Edouard vi, et qui a pour titre la Jeunesse ifoluptueusCj

(*) Skelton , quoiqu'il fût c»iré , exerça sui^tout sa verve caustique contre les moines mendiants. Érasme l'appelle la lumière et la gloire des lettres britanniques. Ses satires sont écrites dans le goût macaxonique y genre de poésie ^cétieuse , né chez les Italiens.

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