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l'auteur ëtaleles faiblesses et les fautes d'un jeune ëtourdi qui se laisse entraîner au plaisir , et que de sages conseillers ramènent dans le chemin de la vertu.
On peut remarquer une amélioration progressive dans la succession de ces trois pièces : la première n'est , pour ainsi dire , qu'un tableau intéressant *, la seconde offre déjà une vue philosophique^ quoique dirigée contre la philosophie -, dans 4a dernière ,' on découvre presque une action , et on sent l'approche de la comédie.
S'il est vrai que , suivant une ingénieuse parole , la littérature soit l'expression de la société , le théâtre n'estil pas, à son tour, l'expression de la littérature , et comme la voix qui fait entendre au peuple la pensée publique ? Nous sommes donc forcés de détourner notre attention sur V<însemble delà poésie anglaise , dont il faut chercher l'origine véritable au milieu du quatorzième siècle , lorsque Chaucer répudia l'idiome des Normands, pour imprimer le rythme et la force au jargon anglais. Le nom de ce poëte est encore aujourd'hui en honneur -, l'esprit national de nos voisins n'avait garde d'oublier celui qui commença la destinée glorieuse de leur langue.
Geoffroi Chaucer, né en 1828, fils d'un marchand , à dix-huit ans auteur du poème de la Cour d'jémourj plus tard étudiant en droit dans le Temple , ensuite page d'Edouard m , finit par attacher sa fortune à celle di^ duc de Lancastre , dont il chanta la passion pour Blanche de Castille. Il passa par toutes les vicissitudes du roman qui forme l'histoire de ce seigneur. Tour à tour comblé de bienfaits , parmi lesquels il faut mentionner un pot de vin qu'il recevait joumalièrement de l'échanson du roi sur le produit des douanes; chargé de plusieurs missions honorables , à Gènes où il connut Pétrarque ^
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en France où il approcha du sage Charles v -, forcé , par les malheurs de son patron y de s'enfuir loin de son pays j il devait retirer de tant de voyages , et de ces alternatives du sort , Texpërience des hommes et des choses , la noblesse des pensées , Faudace des paroles. Il ne fallait pas moins qu'un tel contre-poids pour résister à Tignorance et à la superstition qui avaient défiguré Toriginalité native de sa jeunesse -, comme , par exemple, dans sa Cour d*j4mour , où , une dame ayant promis à un poète de lui accorder le don d'amoureuse merci , le premier de mai, dès que le matin de ce jour vient à poindre, les oiseaux, pour en célébrer Faurore, chantent en chœur un oflBce de Féglisc à la gloire de FAmour : la partie du rossignol est le Domine , lahia ; celle de Faigle,
le F^enite^ etc Une autre production de la jeunesse
du poète j Troïlus et Créséide ^ nous montre un reflet d'antique érudition se glissant sur les formes fantastiques des légendes modernes. Il n'était pas inutile de surprendre à son origine ce travestissement de Fantiquité, qui exerça , deux siècles après , un reste d'influence sur Shakspeare.
Avec la maturité de Fâge vint pour Chaucer celle de Fesprit. Le temps des agitations de sa vie était passé; le duc de Lancastre lui avait fait épouser une sœur de GCtte Catherine Swynford , comme madame de Maintenon , gouvernante des enflants du prince , et depuis sa maîtresse. Après avoir été le troubadour de Fépouse légitime , il était donc le beau-frère de la rivale •, il monta encore en grade dans cette bizarre hiérarchie de cour. Leduc, dont la fortitne s'était rétablie sur la ruine de son ambition , devint veuf et épousa Catherine. Allié de si près à ce prince , Chaucçr rentra dans sa faveur et
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dans ses emplois ; et plus tard même il se trouva tout près du trône, lorsqu une révolution y porta, sous le nom de Henri iv , le fils de son beau-frère. Mais alors il dtait vieux ; la cour n avait plus pour lui d'illusions : son talent seul le rajeunissait encore*, et, retiré paisiblement dans le château de Dunnington , il allait méditer des vers sous un chêne que la vénération populaire appela chêne de Chaucer. Dans cette solitude cpie peuplaient pour lui tant de souvenirs , il composa le plus mémorable de ses ouvrages , les Contes de Cantorhery^ archives poétiques des vieilles mœurs de la Grande-Bretagne , où la vérité des caractères est rehaussée par la vivacité du style. Il mourut en i4oo, emportant dans la tombe la littérature précoce qu il avait créée , et il faut traverser presque deux siècles pour trouver dans Spenser un digne héritier de sa gloire.
A côté de lui, comme un faible rejeton près de la tige maternelle , s'éleva Gower , son contemporain , son ami , mais non pas son émule. Il était né huit ans avant lui, et il Tavait connu dans la société dlnner-Temple où tous deux étudiaient les lois. Le lecteur pourra observer, dans le cours de cette esquisse, que presque tous les écrivains qui ont le plus avancé la littérature anglaise s'étaient essayés d'abord aux travaux du jurisconsulte.
Les premiers succès de Chaucer avaient rendu la cour avide d'un nouveau genre de plaisirs •, il est probable que ce fut ce tourbillon de la mode qui poussa vers la poésie Govsrer, homme d'une nature trop raisonnable , pour se faire auteur avec préméditation. 11 versifiait donc à la cour, sous le titre de conseiller du duc de Glocester, un des oncles de Richard lï. Le jeune monarque l'aimait , et lui demandait des vers > sans envier