‹ Essais littéraires sur Shakespeare;Chapitre 167 sur 252 · SCENE TROISIEME · texte numérisé non relu

SCENE TROISIEME

Autre appartement du palais.

Nbrthumberland , Worcester son frère , et Hotspur, paraissent devant le roi , qui renvoie de sa présence Worcester pour une réponse trop hautaine. Henri iv interroge ensuite Hotspur sur le motif qui lui a fait refuser les prisonniers a son roi. La réponse d'Hotspur offre une opposition assez comique pour mériter d'être citée.

« (2) Mon souverain , je ne vous ai point refusé de prisonniers \ mais j e me rappelle qu^après la fin du combat , au

(2) My liège, I did deny no prisoners.

But, 1 remember, when the fight was done, When I was dry with rage, and extrême toil , Breathless and faint, leaning upon my sword, Game tlicre a certain lord, ncat, trinily dress*d.

!)5o ESSAIS LITTÉRAIRES

moment OÙ je me sentais desséché par la chaleur de Vto tipn et par Fexcès de la fatigue, Lors^e , ùSiÀe etjbiors dThar leine j je nÇappuyais sormon ëpëe , il vint à moi un seigneur élégant , paré avec grâce , frais comme un marié , et son menton, nouvellement fauché, offrant l'aspect d^un champ de chaume après la moisson. Il était parfumé comme un marchand de modes. Entre son pouce et l'index, il tenait une petite boite de senteur ({uede temps en temps il portait à son nez ) puis il l'en retirait

En même temps , il ne cessait de sourire et de babiller *, et, comme les soldats passaient près de lui, emportant les.

Frésh as a bridegroom; and his chin , new reap'd ,

Show'd like a stubble-land at harvest-home :

He was perfumed like a milliner ;

And 'twixt his finger and his thumb he held

A pouncet-box, wbich eyer and anon

He gave his nose, and took*t away again ; —

Andstillhe smiFd andtalk'd;

Anà , as the soldiers bore dead bodies by ,

He caird them — untaught knayes, unm^nerly ,

To bring a sloYçnly unhandsome corse

Betwîxt the wind and his nobility.

With many holiday and lady terms

He questiond me : among the rest demauded.

My prisoners, in your majesty*s behalf.

I then, ail smarting, with my wouiids being cold,

To be so pester d with a popinjay,

Out of my grief and my impatience ,

Answer*d neglectingly , I know net what ;

He should , or he should not ; — for hc made me nnad ,

To see him shine so brisk» and smell so sweet.

SUR SHÂKSPEilRE. 2l3l

corps morts, il les traitait d'impertinents faquins , deinàl appris y de venir ainsi apporter nn sale et vilain cadavre entre le vent et un homme tel que luié II me questionna en termes recberebës , et d'un ton de jolie femme. Entr autres choses , il me demanda mes- prisonniers au nom de votre majesté. Moi, dans ce moment, tout irrité, avec mes blessures refroidies , de me voir ainsi harcelé par un perroquet , dans ma mauvaise humeur , perdant tout- à-fait patience , je lui répondis sans y faire attention , je né sais quoi , qu il les aurait ou qu'il ne les aurait point. Car il mé rendait fonde colère, en venant, avec sa démarche sautillante , et tous les parfums qu'il exhalait , me parler^ dans le langage d'une femme de chambre de cour, de canons , de tambours et de blessures -, me dire (Dieu sait à quel propos ) qu'il n'y avaH rien au monde d'aussi admirable que le spermaoeti pour des contusions internes , et que c'était grand'pitié que l'on allât déterrer dans les entrailles de la terre innocente ce traîfre de salpêtre

And talk so like a waiting-gentlewoman ,

Of guns , and drums, and wounds (God save the mark ! ),

And telling me , the sovereign*st ihing on earth

Was parmaceti , for an inward bruise;

An that it was great pky , sa it was ,

That villanous saltpetre should be digg'd

Out of the bowels of the harmless earth ,

Which many a good tall fellow had destroy'd

So cowardly ,• and , bat for thèse viie guns ,

He would himself bave been a soldier.

This bald unjointed chat of bis , my lord ,

I answer*d iàdireclly, as I said;

And I beseech you, let not this report

Corne curreiit for an accusation ,

Betwixt my love and your high majesty^

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