‹ Essais littéraires sur Shakespeare;Chapitre 172 sur 252 · PETO · texte numérisé non relu

PETO

No , no , thcy were not bound.

FA.LSTAFF.

You rogue, they were bound, every man of theiu, or I ama Jew else , an Ebrew Jew.

GADSHILL.

As we weresharing, some six or seveu fresh men set uponus,—

FALSTAFF

And unbound the rest, and then corne in the other.

PRINCE HENRY

What, fought yc wiUi ihem ail ?

FALSTAFF. ^

Que dites-vous là , maraud? Ils ont ë té tous garrottés , sans exception d'un seul , ou je suis un juif , un juif hébreux.

GADSHILL.

Gomme nous étions à partager , six ou sept autres, tout frais , nous sont tombés sur le corps.

FALSTAFF

Et alors ils ont détaché les autres , qui sont venus encore.

HENRI

Gomment! est-ce que vous vous êtes battus avec tous?

Tous ! Je ne sais pas ce que vous entendez par tous. Mais , si je ne me suis pas battu avec une cinquantaine , je ne suis qu une botte de radis ! S'il n'y en avait pas cin- ^

FA.LSTAFF.

AU ? I know not what ye call , ail ; but if I fought not witli fifty of them , I ain a bunch of radish : if there were not two or three and fifty upon poor old Jack, then I am no two-Iegged créature.

POINS

Pray God , you hâve not murdered some of them.

FALSTAFF

Ay, that's past praying for : for I hâve peppered two of them: two, I am sure, I bave paid; two rogues in buckram suits. 1 tell thee what, Hal , — if I tell thee a lie , spit in my face, call mehorse. Tbou knowest my old ward ; — hère I lay, and thus 1 bore my point. Four rogues in buckram let drive at me, —

quantc-deux OU cinquante-trois sur le pauvre vieux Jack, je ne suis pas une créature à deux pieds.

POINS

Je prie le ciel que vous n en ayez pas tuë quelquesuns.

FALSTAFF

Oh 1 cette prière vient trop tard. J'en ai poivre deux; oui , je suis sûr d'avoir fait le compte à deux d'entr eux, deux coquins en habits de bougran. Je te dis la chose comme elle est, Hal ', si je mens , crache-moi au visage, appelle-moi cheval. Tu connais bien ma vieille manière de me mettre en garde. Je me tenais de là , et la pointe de mon épëe ainsi Quatre coquins en bougran fondent sur moi....

HENRI

Gomment , quatre î Tu ne disais que deux tout à Theure ?

PRINCE HENRY

What, four? thou said'st hut two, even now.

FA.LSTAFF.

Four, Hal; I toldthee four.

FOINS

Ay, ay, he said four.

FALSTA-FF.

Thèse four came ail a-front, and mainly thrust at me. I made iTie no more ado , but took ail iheir seven points in my target, thus.

PRINCE BENRY.

Seven? why, there were but four, even now.

FALSTAFF

In buckram.

^ FALSTAFF

Quatre , Hal *, j'ai toujours dit quatre.

POINS

Ouï , oui , il a dit quatre.

FALSTAFF

Ces quatre-là se sont présentés de front, et ils fonçaient principalement sur moi. Je ne m'en suis pas embarrassé d'abord. Je vous ai rassemblé leurs sept pointes dans mon bouclier, comme cela.

HENRI

Sept? Gomment ! il n y en avait que quatre tout à l'heure.

FALSTAFF

En bougran.

POINS

Oui , quatre en habits de bougran.

POINS

Ay , four , in buckrain suits.

FALSTAFF

Seven , by iHese hills , or I am a vilbin else.

PRINCE BENRT.

Pr*y thee , let him alone; we shall hâve more anon.

FALSTAFF

^t Dost thou hear me , Hal ?

PRITICE RENltr.

Ay, and markdieetoo, Jack.

FALSTAFF

Do so , for it is worth thé listening to. Thèse nine men in buckram , that I told thee of , —

FALSTAFF

Sept , VOUS dis-je , par cette épée , ou je suis le dernier des misérables.

HENRI (à Peins).

Je t'en prie , laisse-le aller son train •, nous en aurons encore davantage tout à Theure.

FALSTAFF

M'écoutes-tu , Henri î

HENRI

Oui , et je te comprends aussi , Jack.

FALSTAFF

N'y manque pas -, car cela vaut la peine d'être ëcout^. » Ces neuf bougrans y comme je te disais donc

En voilà déjà deux de plus.

PRINCE HENRT.

So , two raore already.

\ FA.LSTAFF.

Began to give me ground ; But I foUowed me close, came in foot and hand; and , with a thought, seven of the eleven I paid.

PRINCE HENRT.

O , monslrous î eleven buckram men grown out of two î

FA.LSTAFF.

But, as the devil would hâve it, three misbegotten knaves, in kendal grecn , came at my back , and let drive at me ; — . for it was so dark , Hal , that thou couldst not see thy hand.

SUR SHAKSPEAKE. 245

FALSTAFF

Commencèrent à me céder du terrain -, mais je les suivis de près , et vous les accostai corps à corps , et , en un clin d'œil , je fis le compte à sept des onze.

HENRI

O prodige! onze hommes en bougran, sortis de deux !

FALSTAFF

Mais le diable a voulu que trois maudits coquins en vert de Kendal (e) soient venus me prendre à dos -, ils ont foncé sur moi : car il faisait si noir , Henri , que tu n aurais pas pu voir ta main.

Ces menteries sont comme le père qui les engendre , aussi grosses qu'une montagne *, bien visibles , bien palpables. Quoi , ventre sans cervelle , tête à perruque , sale et gras magasin de suif.....

FALSTAFF

Comment! es-tu fou? Est-ce que la vérité n est pas la vérité?

HENRI

Voyons ! Comment pouvais-tu distinguer que ces

PBINCE HENRY.

Thèse lies are like the father ihat begets them ; gross as a mountain , open , palpable. Why , thou clay-brained guts ; thou knottypated fool; thou obscène, greasy tallow-keech, —

FALSTAFF

What, art thou mad? art thou mad? is not the truth, the truth ?

PRINCE HENRY

Why , how couldst thou know ihese men in kendal-green , whcn it was so dark thou couldst not see thy hand ; what sayest thou to this ?

Hommes étaient en vert de Kendal , puisquHl faisait si noir cpie tu ne pouvais pas voir ta main ? Qu afr^u à dire à cela?

POINS

plions, une raison, Jack ^ une raison.

Quoi ! de force ! Non, quand je serais devant Testrapade ou toutes les tortures du monde , je ne vous le dirais pas par force ! Vous donner une raison par force ! Qnand les raisons seraient aussi cfdmmunes que des mûres de haie , on ne me ferait pas donner à un homme une raison par force ', voilà comme je suis y moi. )>

Enfin ) pour mettre un terme à ces impudentes fanfaronnades , Henri explique et prouve à Falstaff qu il n'a eu d'autre adversaire que lui-même et Poins; puis, croyant sir Jean confondu, il le défie d'imaginer quelque mensonge nouveau pour tirer son honneur de ce mauvais pas. Mais le chevalier , sans se déconcerter :

rt(6) Pardieu! je vous ai reconnus , comme celui qui vous a faits. Eh! voyez donc un peu, mes maîtres, me

POINS

Corne, yoiir reason, Jack, your reason.

FALSTAFF

What , upon compulsion ? No ; were I at the strappado , or aJl the racks in the world, I would not tell you on compulsion. Give you a reason on compulsion î if reasons were as plenty as blackberries , I would give no man a reason upon compulsion , I.

(6) By the Lord, I knew ye, as wcll as he thaï made ye. Why' hcarye, my mastcrs : was it for me to kill the heir apparent?

SUR SHAKSPEARE. séy

convenait-il de tuer Fhëritier présomptif? Était-ce à moi à tenir tête à mon prince légitime ? Vraiment , vous savez bien que je suis brave comme Hercule. Mais voyez Tinstînct -, le lion ne toucherait pas au prince légitime (f). L'instinct est une belle chose : j'ai été poltron par instinct. »

Il paraît néanmoins qu'avec cette échappatoire le chevalier ne se trouve pa$ assez fort sur les arçons j car 5 comme le prince se met à le plaisanter sur son instinct, il lui dit naïvement:

<( (7) Ah ! ne parle plus de cela , Hal , si tu m^aimes. »

Cependant le roi envoie commander à son fils de se rendre à la cour. Falstaff prédit au prince une forte semonce, et, pour le préparer à y répondre, s'oflfre à faire le rôle du roi. Il est impossible de ne pas reconnaître là la source où Molière a puisé une scène des fourberies de Scapin(G). Mais il nous semble que Shakspeare offrait plus encore que Molière n'a pris.

Quand Falstaff, parodiant le langage d'un père et d'un roi , a bien gourmande le prince sur la compagnie qu'il fréquente ,

Should I turn upon ihe true prince ? Why , thou knowesl, I ani as valiaut as Hercules : but beware instiuct; ihe lion will no^ toucii ihe true prince. Instinct is a great matter; I was acoward on instinct.

(7) Ah î no more of ihat, Hal, an tliou lovcst me.

Page 1