‹ Essais littéraires sur Shakespeare;Chapitre 216 sur 252 · LORD SA Y · texte numérisé non relu

LORD SA Y

Non. G^est la paralysie , et non la peur , qui me fait

- trembler (b). »

CADE

- Voyez, Il remue la tète , comme s'A nous disait : Je Vous le revaudrai. Je veux voir si elle sera plus ferme

- sur un pieu. »

On sait (jue rien n'est plus naturel pour les hommes féroces que d'assaisonner le meurtre avec la plaisanlerie.

Lord Say défend son innocence avec chaleur et avec courage. Cade répond :

« (3) Je sens que ses paroles me touchent le coeur. Maïs j'y mettrai ordre -, il mourra, ne fût-ce que pour avoir si bien plaidé pour sa vie. Emmenez-le. »

Il ordonne en même temps de trancher aussi la tête du gendre de lord Say ^ et d'attacher les deux lêles au bout de deux piques , afin de les porter en triomphe, et de faire qu'elles se baisent à chaque coin de rue. C'est la gaieté du crime*

Cade ne porte pas loiu sçs forfaits ; il est bientôt

« CADE

Nay , he nods at us ; as who should say , 1*11 be cven with you. Vil sec if his head will stand steadier on a pôle, or no.

(5) 1 feel remorse in myself with his words : but l'U bridle it; he shall die , an it bc but for plcadiug so wcH for his life. Away willi liim !

abandonné de ses partisans^ et tué dans safnite, aprcs avoir souifert la longue agonie de la faim.

Après ce tableau , d'une effrayante vérité , nous ne découvrirons plus rien qui mérite de fixer TattentioD.

Le duc d'York, trouvant les esprits assez préparés, lève Tétendard de la révolte , et vient, en présence du roi même , plaider en faveur de ses droits. Le meilleur argument , quand il s'agit d'une couronne , ce fut toujours celui du plus fort. Aussi, après une scène étrange et qui n'aboutit qu'à des injures réciproques, le duc a recours à sa pl^ puissante pièce de conviction» Avec l'aide de Warwick , il gagne la bataille de Saint- Albans, qui décide la querelle.

Le roi s'enfuit à Londres, pour y convoquer le parlement, et le duc d'York se hâte de l'y devancer.

NOTES

(a) Dans un combat de nobles y les armes étaient la la^ce^t l'épée; mais les vilains , les gens du peuple y se battaient avec un bâton noirci, au bout duquel était attaché un sac rempli de sable très pressé.

(b) Ce mot ressemble à une réponse de Bailly. Un des brigands qui l'avaient arrêté , lui disait : < Tu trembles , Bailly ; est-ce que tu as peur ? — Non , c'est que j'ai froid. »

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