‹ Essais littéraires sur Shakespeare;Chapitre 65 sur 252 · UGO · texte numérisé non relu

UGO

Honnête y seigneur ?

làGO.

My lord, for aught I know.

OTBBLLO.

What dost thou think ?

IkGO,

Think , my lord ?

OTHELLO

Think, mylord!

By heaven, he echoes me.

As if there were some monster in his thought Too hideous te be showu. — Thou dost mean something I heard thee say but now , — Thou lik'dst not that, When Cassio left my wife ; what didst not like ? And , when I told tliee ^- he was of my counsel In my whole course of wooing, thou criedst, Indeed? Ând didst contract and pursc thy brow togethcr,

OTHELLO

Oui, honnête.

lAOO.

Seigneur , autant que j'çn puis savoir

OTHELLO

Comment ! que penses-tu ?

lAGO.

Ce que je pense , seigneur ?

OTHELLO

Ce que tu penses ! Par le ciel! il se fait l'ëcEo de mes paroles , comme si sa pensée recelait quelque monstre trop hideux pour être produit^ au grand jour. Tu as quelque idée dans Tesprit ? Tout à Fheure , à Tinstant que Cassio quittait ma femme , je t'ai entendu dire, ceci me déplaît Qu'est-ce donc qui te déplaisait ? Et encore , quand je t'ai dit qu'il avait ma confiance pendant tout le

As if thou then hadst shut up in thy braiu Some horrible conceit : If thou dosl love me , Show me thy thought.

lAGO.

My lord , you know I love you.

' OTBELLO.

I tUink thou dost :

And , — for I know thou art full of love and honesty , And weigh'st thy words before thou giv'st them breath , — Therefore thèse stops of thine fright me the more: For such things in a false disloyal knave.

Are tricks of custom; but, in a man that*s just , They are close denotements, working from the heart, That passion cannot rule.

temps de mes amours , tu t'es c5crid : En i^érité? Et je t'ai vu froncer et rapprocher les sourcils , comme situ eusses enfermé dans ton cerveau quelque horrible soupçon. Si tu m'aimes , montre-moi ta pensée.

lAGO.

Seigneur , vous le savez, que je vous aime !

OTHELLO

Je le crois, et c'est parce que je te sais plein d'honneur , d'attachement pour moi , parce que tu pèses tes paroles avant que de les prononcer, que ces pauses , ces silences de ta part m'alarment davantage. Dans un misérable , déloyal et faux , de tels signes sont des ruses d'habitude : mais , dans l'homme sincère , ce sont de secrètes délations qui s'échappent d'un cœur auquel la vérité fait violence.

lAGO.

Pour ce Cassio , j'ose jurer que je le crois honnête.

làGO.

For Michael Cassio , — I dare be sworti, 1 think that he is honcst.

OTHELLO

I think so too.

lAGO.

Men should be what tbey seem ; Or, those thatbe not, 'would they might seem noneî

OTHELLO

Certain, men shouldbe wbajt they seem.

làGO.

Why , tben , I think that Cassio is an honest man.

7 a ESSAIS LITTERAIRES

OTHELLO

Je le crois tel aussi.

lAOÔ.

Les hommes devraient bien être ce qu^ils paraissent ; ou plût au ciel> du moins, que ceux qui ne sontpas ce qu^ils paraissent fussent enfin forces de paraître ce qu'ils sont!

OTHELLO

Oui , certes, les hommes devraient être ce qu'ils paraissent.

lAGO.

Eh bien ! alors je pense que Gassio est un homme d'^honneur,

OTHELLO

Non pi y a là quelque chose de plus. Je te prie , parle-moi comme à tes pensëes, comme tu te parles

OTHELLO

Nay , y et there's more in this ;

I pray thee, speak le me as to thy thinkings.

As thou dost rmninate ; and give thy worst of thoughts

The worst of words.

lAGO.

Good my lord, pardon me;

Though I am bound to every act of duty ,

I am not bound to that ail slaves arc free to.

Utter my thoughts? why, say, they arc vile and false, —

As where's that palace, whereinto foui things

Sometimes întrude not ? who has a brcast so pure ,

But some unclcanly appréhensions

Kecp Icets, and law-days, and in session sit,

With méditations lawful?

SUR SIUKSPEARE. 'j5

dans ton ame -, exprime ton idée la plus sinistre par le plus sinistre des mots.

lAGO.

Mon noble seigneur , pardonnez-moi -, quoique je sois tenu envers vous à tous les actes d'obéissance y je ne le suis point à ce dont les esclaves mêmes sont affi:anchîs. Déclarerjmes jpensées ! — Quoi ! supposez qu^elles soient injurieuses et fausses -, et quel est le palais où n entrent pas quelquefois des choses grossières ? Quel homme a le cœur assez pur pour n^y avoir jamais admis quelques soupçons téméraires , qui viennent y siéger , y plaider leur cause , et balancer Tautorité de ses opinions légitimes*

OTHELLO

lago , tu conspires contre ton ami , si y dès que tu le crois offensé , tu refuses à son oreille la confidence de tes pensées.

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