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SUR LES PRINCIPAUX AUTEURS ITALIENS

N. 1. Dame (Janvier 1834.)

0 la plus belle des étoiles, la dernière du cortège de la nuit, si tu n’appartiens pas plutôt à l’aube, gage assuré du jour, toi qui couronnes de ta brillante auréole le matin souriant! Miltos.

Dans une revue de la littérature italienne, Dante a un double titre à la préséance. Il est venu le premier et a été le plus grand des écrivains de son pays. Le premier, il a découvert et mis en œuvre toutes les ressources de sa langue maternelle. Le latin qui, dans les circonstances les plus favorables et entre les mains des plus grands maîtres, était resté pauvre, faible et singulièrement peu propre à la poésie, et qui, dans le temps de Dante, avait été avili par l’adjonction d'-une multitude de mots et d’idiotismes barbares, le latin était encore cultivé avec une vénération superstitieuse et recevait au dernier période de sa corruption plus d’honneurs qu’il n’en méritait dans le temps de sa vie et de sa vigueur. C’était la langue du cabinet, de l’université, de l’Église. Tous ceux qui aspiraient à quelque distinction poétique d’un ordre

élevé, avaient recours au lalin. Par pitié pour l’ignorance de sa maîtresse , il arrivait de temps à autre qu’un cavalier proclamait sa passion en vers toscans ou provençaux. On édifiait parfois le vulgaire par une pieuse allégorie écrite dans le jargon populaire. Mais jamais écrivain n’avait imaginé que le dialecte des paysans et des femme de la halle pût posséder assez d’énergie et de précision pour suffire à une œuvre majestueuse et durable. Dante se risqua le premier. Il découvrit les riches trésors de pensée et de diction qui se cachaient encore dans leur minerai. Il les affina et les purifia. Il les polit jusqu’à ce que tout leur éclat resplendit aux yeux. Il les rendit propres à tous les usages , pour la vie pratique et pour le luxe. Et c’est ainsi qu'il a mérité la gloire, non-seulement d’avoir produit le plus beau poème narratif des temps modernes, mais encore d’avoir créé une langue d’une mélodie sans égale, et singulièrement propre à fournir aux sentiments nobles et passionnés la forme qui leur convient, c’est-à-dire une expression austère et concise.

Bien des gens trouveront peut-être que ce panégyrique de la langue italienne est singulier. A la vérité, la grande majorité des jeunes gens et îles jeunes filles qui répondent : Oui, quand on leur demande s’ils savent l’italien, n’ont jamais dépassé les historiettes qui se trouvent à la fin de leur grammaire, le Pastor Fido ou un acte d’.4rtaxerce. Il leur serait tout aussi facile de déchiffrer une brique babylonienne qu’un chant de Dante. De là vient l’opinion généralement répandue parmi ceux qui connaissent peu le sujetou ne le connaissent point, que cette admirable langue n’est propre qu’au babil efféminé des faiseurs de sonnets, des musiciens et des connaisseurs.

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