ARTÈRES DE LA RÉTINE
La disposition des artères, que nous avons très-fréquemment étudiée, est plus variable que celle des veines. La division en deux branches du tronc de l’artère centrale, puis la subdivision de ces branches dans l’intérieur même de la papille, nous ont paru représenter la disposition la plus fréquente. On peut dire que toujours on on voit une artère et une veine marcher parallèlement, et si, par hasard, deux vaisseaux d’un ordre accompagnent un vaisseau d’un autre ordre, l’anomalie cesse bientôt.
HÉMORRHAGIES RÉTINIENNES.
Un ancien postillon, vieux viveur, âgé de 60 ans, robuste de corps* èt fort intelligent, n’avait jamais eu, disait-il, ni affections oculaires, ni autres maladies. Son cristallin commençait à se cataracter, mais l’opacité de la lentille n’était pas assez prononcée pour empêcher un examen approfondi du fond de l’œil. Nous avons trouvé chez lui des hémorrhagies rétiniennes qui, presque toutes, siégeaient non loin de la papille. Elles étaient au nombre de 7 ou 8, et apparaissaient soit à la terminaison d’un ramuscule artériel, soit sur le trajet d’une
artériole collatérale, très-près d’un gros tronc. C’étaient de petites plaques, plus longues que larges, rouges de sang, striées comme les hémorrhagies rétiniennes de la couche des fibres. L’apparition de ces taches n’avait pas attiré l’attention de cet homme. La rétine était, en dehors de ces plaques, parfaitement saine; la papille du nerf optique et la choroïde n’offraient rien de particulier. Les grosses artères du corps n’étaient pas athéromateuses.
FONDS D’yEDX de VIEILLARDS. — FOND d’cEIL d’oN ENFANT DE TROIS MOIS.
Nous avons rencontré, chez un certain nombre de vmillards, la pigmentation épithéliale de la choroïde irrégulière, macérée, et des "îüsseaux rétiniens plus petits (pl. V). - Chez un enfant âge de moins de 3 mois, après un examen long et difficile, nous avons trouvé un aspect ophthalmoscopique semblable à celui que presen e le fond de l’œil de l’adulte. Les vaisseaux et la papille avaient le calibre et les dimensions que l’on rencontre chez l’adulte.
atrophies papillaires survendes en très-peu de temps, et produites
PAR LA PÉNÉTRATION DANS l’oRBITE DE FLÉORETS MOUCHETES.
Dans le courant de décembre 1869, à qüelques jours dhntervalle, <,e nrésentèrent deux soldats à l’Hôpital militaire de Strasbourg, 1 un
danTsS del. le professeur agrégé Sarazin, l’autre dans le
service de M. Poncet, médecin-major, mon premier “
'o mip ie ne saurais trop remercier de ses excellents
ophthdmo» “.iu, J. ^ faisant de l’escrime, au
conseils efcde son extre ^ été tous deux atteints
fleuret sans par le fleuret de leur adversaire ,
à rangle ^ ® Jlé dei’Le avait pénétré dans l’orbite.
iement de sang à l’extérieur ; ecchymose de la conjonctive biilhaire ; sensations lumineuses sur le coup ; perte subite de la vision ; pupilles dilatées, réagssant peu à peu à la lumière, alors que l’autre œil est ouvert et soumis à la même source lumineuse. 20 sangsues aux tempes et des compresses d’eau froide sur les yeux turent appliquées immédiatement après l’accident. Î1 ne se montra pas de phénomènes inflammatoires bien marqués, mais un léger œdème des paupière spendant quelques jours. L’examen ophthalmoscopique pratiqué dans ces deux cas ne révéla d’abord aucune altération profonde, mais le dixième jour chez l’un, le treizième jour chez l’autre, la papille du nerf optique présentait une pâleur atrophique éclatante. Dans les deux cas, il y avait ptosis, sans strasbisme, mais l’un des malades (Âmord, dont l’œil droit m’a fourni la planche I) eut un ptosis plus marqué. Je remarquai également chez lui, vers le vingtième jour, un décollement de la rétine, oblique de haut en bas, de dedans en dehors et d’arrière en avant {i r), assez étendu, mais presque linéaire, situé à la région postérieure de l’œil. Ce décollement correspondait probablement à la direction qu’avait subie le fleuret dans l’orbite.
D’après les dires de ce militaire, le fleuret se serait cassé dans l’orbite. Mais il n’y eut pas d’écoulement de sang par le nez ; pendant les trois mois que le malade resta à l’hôpital, il ne se présenta aucun symptôme cérébral, et aucune esquille ne sortit de l’orbite, que le palper extérieur trouvait sain. Nous rattacherions volontiers la première paralysie de la rétine à la lésion de filets nerveux du moteur oculaire commun, que le ptosis et la mydriase indiquent, et peut-être aussi à l’ébranlement direct. Les renseignements fournis par le malade ne nous permettent pas de songer à une lésion du nerf optique. Le décollement linéaire de la rétine dans le second cas, montre bien qu’à la paralysie du moteur oculaire commun s’est adjoint un ébranlement direct de la rétine.
Jnoas Pi^^merdmres cui niüeaii (k la MacaJa
amas pigmentaires AB NIÏEAB DK LA MACULA.
Amord, la paralysie de
forilST à Jsuite d'un tra«matisme. La modificatioD ophthall œil gau , __A.pnta son oeil droit n avait jamais entraîne
moseopique que rae Jon ; et c'est en
de symptômes visue q trouver physio^
"eÎurleTmparer il’œü gauche.quejeremarquail'altération suivante. „rtilleur très-intelligent ; cultivateur avant
/:tz
t’.. Srill b„.
dilatée et réagissant bien sous l’influence de lalumiere.
Examen opAtfe JLId—Ï’rilbTct^^^^^
..U., è*...». * '«OT».
on trouve a la place de la . rectangle semble contenir
émoussés et àgrand — f E;gtr r^^^^ D-s l’espace!
quatre mamelons bien marq^^^,^^^ granulations
laissé entre les bords jj,aiuelons inférieurs sont les mieux
foncées et bien nettes. Les deu ^ ^^^jg^r que
marqués. Le “ “ ti auréole moins étendue mais plus
la teinte générale du fond de ^
rrmai: 1^“! D:artélles et des veinules viennent.
nombreuses, sans être pourtant en quantité anormale, se perdre aux environs du rectangle. Un petit rameau veineux aboutit à une plaque blanche atrophique qui en occupe la partie inférieure.
Au premier abord, à l’ophthalmoscope monoculaire, comme à l’ophthalmoscope binoculaire, avec une lentille de 2”, ces plaques noirâtres semblaient être des mamelons saillants et les bords du rectangle taillés à pic; mais l’examen fait avec une lentille d’un plus long foyer, montra à M. le professeur agrégé Monoyer, qui eut la bonté d’examiner cet homme, ainsi qu’à nous, que ces éminences n’existaient pas, et qu’on n’avait affaire là qu a des amas pigmentaires, de fines granulations, agencées par la nature, de façon à donner la sensation et le relief de véritables éminences dans une image moins étendue.
"Vision centrale très-nette; perception des couleurs bien conservée. La vision périphérique est seule atteinte chez cet homme. Elle est concentriquement rétrécie. Son champ visuel n’est plus représenté que par un cercle presque régulier qui, dans tous les sens, n’a plus que de 20 à 23 centimètres de rayon à la distance de la vision distincte.
L’acuité de la vision et le pouvoir réfringent de cet œil ont été mesurés à la fin de janvier par M. le professeur Monoyer. L’acuité de la vision correspondait à 11/20. Il y avait un peu de myopie, 1/60, malgré l’indifférence que le malade affectait d’abord pour les verres concaves ou convexes. ,
Nous croyons avoir eu affaire dans ce cas, à Mm'prolifération ancienne des cellules de la couche épithéliale de la choroïde. La petite plaque blanche atrophique est le garant d’un travail morbide de cette membrane ; et la couleur rouge légère, mais uniforme qu’on apercevait sous cette pigmentation, prouve que la chorio capillaire n’était pas notablement altérée. Que ce travail, dont toute 1 intensité a porté principalement au niveau de la macula, point le plus sensible de l’œil, n’ait entraîné que des troubles visuels peu accusés, c’est là un phénomène qui a des analogue» et dont on se rend parfaitement compte en songeant que la retine a pu ne pas participer à 1 altération choroïdienne, au moment
Jsped . de la Rtpion JdamLairô dans
m cas de GLanconu dironipiLC non Ii^amm
-Imag.
e Tenversee .
Fl.ïï.
OÙ elle surviiil, et que le pigment une fois développén’a pas augmenté assez notalilement l’épaisseur de la choroi lepour comprimer les éléments rétiniens. Le travail de la choroïde a dû être probablement lent, l't de nature régressive, car il ne s’est révélé au malade par
aui un symptôme fonctionnel un peu sensible.
On pourrait rattacher à cette pigmentation maculaire la diminution de l’acuité visuelle qui était réduite à 11/20 au moment où on l’a mesurée, c’est-à-dire un mois et demi après la paralysie de l’autre œil, mais nous préférerions la rapporter, en grande partie du moins, ainsi que la diminution périphérique du champ visuel déjà notée quinze
ioursaprèsrenlrée du malade à l’hôpital, etle premierexamen ophthalmoscopique de cet œil, à la pernicieuse:,sympalhie de l’œil gamhe. Le rétrécissement concentrique si sensible qu’on nota encore dans l’étendue du champ visuel exploré un mois et demi apres 1 accident de l’œil gauche, semble donner à cette dernière opinion de grandes apparences de vérité. La cause de cette pigmentation anormale ne peut être recherchée ni dans les antécédents, ni dans les professions du malade, et elle reste inconnue pour nous. - La planche représente les divers changements survenus dans le champ visuel de cet homme. -
aspect de U REGION MiCOUIRE DANS UN CAS DE GEAUCÔME CHRONIQUE ; KOÎ^ inflammatoire. . :V
Observation prise à-l’hôpital civil de Strasbourg, dans le service
été atteinié de la meme atlection. caractères et au
Les deux yeux présentant a peu près les memes caracteres^e
— Deioime.
même degré, nous ne parlerons que de celui qui nous a fourni l’aspect que nous avons représenté et qui fait tout l’intérêt de l’observation.
Examenextêrieur, (®il dur au toucher, proéminent, sans injection extérieure notable ; pupille largement dilatée, immobile. Milieux Iranst parents. Corps vitré jumenteux.
Symptômes subjectifs. Pas de douleurs circumorbitaires. La vue est très-affaiblie depuis bien longtemps déjà; mais c’est dans ces derniers temps surtout qu’elle a diminué d’une façon très-sensible, au point que la malade, à l’heure qu’il est, ne peut plus tricoter comme auparavant et qu’elle ne voit plus même pour se conduire.
Examen ophtalmoscopique. profondément excavée, colorée
dans sa moitié interne (ê-r), d’un vert bleuâtre, d’autant plus accusé qu’on se rapproche plus de la demi circonférence interne de la papille et laissant place, à mesure qu’on se rapproche de son centre, à des intervalles d’unblancnacré de même couleurquela moitié externe. Yaisseauxrejetés vers la moitié interne, aplatis, dilatés. Ils sont représentés dans l’intérieur de la papille, par trois plaques de même couleur, d’un rouge carminé. La plaque inférieure est animée de pulsations isochrones à celles des radiales et des temporales, mais, aucun caractère ne permet de distinguer ici, si Toh a affaire à une veine où à une artère. Autour de la papille, anneau jaunâtre choroïdien moins foncé au côté interne qu’au côté externe, oùil est d’un jaune rougeâtre.
Rétine mobile sur la papille lorsque le malade fait exécuter des mouvements à ses yeux. Vaisseaux rétiniens interrompus au pourtour de la papille ; niais leurs dimensions ne dépassent pas les limites physiologiques. Un nouvel examen fait après l’opération d’iridecto mie qu’on pratiqua chez cette malade, nous a prouvé qu’ils étaient cependant un peu dilatés. Choroïde d’un rouge carminé^ assombd par le trouble du corps vitré.
La région maculaire se trouve occupée par une plaque d un Jaune rougeâtre, plus grande que la papille d’un peu plus du double, à bords mal établis, écbancrés et entourés de petites taches irrégulières de même couleur. De petits vaisseaux, rétiniens la recouvrent*
Qu avons-nous devant* les yeux ici? Quelle est la partie du fond de l’œil qui est le siège de l’altération ; et quelle est la nature de cette altération?
La persistance des vaiskaux rétiniens au devant de cette tache, et l’apparition de la couleur de la choroïde qu’on aperçait encore derrière la dégcnérescence, dans certains points où celle-ci est moins prononcée, indiquent que ni les couches rétiniennes internes occupées par les vaisseaux, ni la ctorio capillaire ne sont notablement alterees. Lstent tes couchés externes delà rétine et la couche epiheliatede la
choroïde : une dégènéreseenee aussi prononcée des couches externe
de la réline tf aurait guère permis l’amélioration qu’a *
malade après l’opération d’irideetomie, et aurait déterminé un seotum centml que la malade, fort inteliigente, n aurait pas manque de signaler alors que cette amélioration survint. Nous nous a™twoM nfnp À l’idée bien plus de là couche epitk&
teinte iaunâtre de cette plaque indiquent sa nature proBScasc. ^
■ Cne opération d’iridectomie fut pratiquée à icet œü par M. le professeur Steber qui. en raison de l’ancienneté de l’affection, n ospe^^^^
nas d’avance grand succès. Cependant, quinze jours apres lopéra lion la malade constatait déjà une augmentation assez ”°'=‘We dc
nuissance Visuelle de cet œil t elle voyait quelques objets dont die M
Luvait pas soupçonner la présence avant l’operation, et ponvai ^ nnccr à tricoter. Quant àla tache, die ne'changea pas. Nous la '-Is L Soi* apres l’opération
\ T -Ltion de% tension de l’œil, la disparition des pulsations La dimmutio ^ calibre, teUes étaient les
SSSqn’avaitsnblesIefonddel’œil.
SCLÉROSE DES FIBRES NERVEUSES OPTIQUES. RÉSULTAT DE u’uSAiiE IMMODÉRÉ DU TABAC ET DES ALCOOLIQUES.
Siebel, le premier, en 1832, signala des exemples de troubles visuels qui ne reconnaissaient d’autre cause que l’abus du tobac à fumer. Il ciie à ce sujet des observations fort intéressantes et qui ne laissent dans l’esprit aucun doute. Il a pa- lé également des altérations qu’on rencontre chez les individus qui abusent à la fois du tabac et -des alcooliques. Apres lui, Hutchinson, Worsdworth et quelques autres oculistes, ont donné une série d’observations également fort concluantes; mais les altérations ophthalmoscopiques remarquées dans tous ces cas ne sont pas identiques à celles que j’ai rencontrées ici. Sh hel, lui, se résume en disant que les résultats fournis par l’exploration du fond de l’œil, sont peu sensibles ou nuis; il ne signale, du reste, comme tous ceux q»)i l’ont suivi, qu’une congestion nerveuse ou une atrophie qui ne diffère en rien des autres atrophies nerveuses d’origine centrale.
Dans cette observation, où la cause des accidents ne saurait, je crois. être misé en doute, l’apparence ophthalmoscopique présente un fout autre caractère, sur lequel on n’a pas jusqu’ici fixé l’attention, et qui nous a paru cependant digne d’êlro noté, nous voulons parler ^une atrophie par sclérose des fibres nerveuses, lésion dont les caractères ophthalmoscopiques sont des plus sensibles et des plus remarquables.
Un homme de 50 ans, douanier retraité après vingt-neuf ans de service, se présente le 5 avril 1870, à la clinique ophthalmologique de M. le professeur Slœber (le sieur D..., de Besançon.)
C’est un homme robuste et de haute stature. Il porte tous les attributs du tempérament sanguin, Best fort intelligent et répond trèsbien à toutes les questions qu’on lui pose. 11 n’a jamais été sérieusemen t malade. Autrefois ü contracta une uréthrite qui n’a laissé aucune trace.
Il y a quatre ans environ, le malade eut des éblouissements accompagnés de douleurs continues siégeant dans toute la tête, mais surtout aux tempes et à l’oceiput, tellement vives, qu elles ne lui permettaient pas, lorsqu’il était couché, d’appuyer la nuque sur son oreiller, et qui ont cessé depuis quinze mois environ. Le malade attribue lui-même ces maux de tête à ses habitudes alcooliques. Poussé dans ce sens, il raconte que depuis qu’il était entré au service des douanes, 4 à 5 litres de vin et un bon grand verre d’eau-de-yie constituaient sa ration quotidienne; et que de plus, à cette dose d alcooliques. il joignait encore une assez forte quantité de tabac, car il ne fumait pas moins, en moyenne, de 15 paquets de tabac par mois, plutôt plus qùe moins. Il fumait en un mot toute la journée.
A ces douleurs de tête ne s’ajoutent, comme symptômes de l’alcoolisme, que des vomissements matinaux et un leger Iremblement des mains. L’intelligence est fort nette, nous l’avons déjà noté, la sensibilté générale bien conservée, le mouvement et les fonctions des organes des sens, à part la vue, intacts. Les organes qui s alterent dans l’alcoolisme ont été soigneusement interroges et nont fourni aucune donnée.
Il V a deux ans, environ, sans que les douleurs qu d éprouvait
d’habitude ne se soient modifiées sous le rapport de leur
que l’affection oculaire qui l’amène à l’hôpiUl, débuta dansles deux yeux à peu près en même temps. Ce fut l affection de l œil g..uche L la première, fixa son attention. Un jour qu apres le repas, le Liade s’était jeté sur son lit, il vit un grand nombre de bis, de mouches marcher devant cet œil, s’avancer, reculer, enfin se dinger dans tous les sens, en même temps que les objets qui 1 entouraient
*‘Îc‘es''!Împlôraes s’ajoutait une douleur vague autour de l’orbite - , n! I. Llade s’attacha peu du reste, tant a ce moment les de têti le préoccupaient. U sclérotique se couvr it d’une
* iniection —Pasde douleurs de distension. Puis ces très-légere injeclion.
symptômes cessèrent bientôt et la vue s’affaiblit graduellement* sàns Couleur, mais d’une façon très-sensible. L’année dernière, dit-il, sa vue lui permettait seulement de reconnaître dans sa chambre ses armes et les objets qui l’entouraient.
L’œil droit se prit, peu de temps après l’œil gauche.
Le malade note que les visages des personnes qui se présentent à lui, et depuis le début de sa maladie, lui paraissent d’une pâleur de mort. Cette aberration le poussa bien des fois à dire à ses camarades qu’ils devaient être malades. Un toit éclairé par le soleil lui semble couvert de neige. Le soir il voit mieux que le jour. Les lunettes bleues lui permettent également de mieux voir les objets. Il n’a pas éprouvé ces illusions dontM. Galezowski a parlé dans ces derniers temps, en vertu desquelles les malades voient s’avancer ou reculer les objets qu’ils fixent.
Etat actael. Examen ophthalmoscopique. —- De l’œil gauche, il ne distingue même plus la lumière du jour, et son œil droit lui permet seulement de se conduire. 11 ne peut plus reconnaître les personnes. — Pupilles inégales réagissant mal sous l’influence de la lumière. La gapcbe, celle qui correspond à l’œil dont les fonctions sont complètement abolies, est largement dilatée. La droite au contraire, a un diamètre normaL
O. D. (image renversée). Fond.de l’œil normal. Pupille très pâle, dont la blancheur éclatante n est interrompue que par une légère teinte grisâtre qui établit les limites de la zone scléroticale. Excavation pas plus accentuée que d’habitude. Artères très-notablement diminuées de volume, à doubles contours, cependant, dans quelquesuns des gros troncs. Veines normales. La région maculaire a l’aspect physiologique. La macula est entourée encore de son beau reseau vasculaire.
Xa zone SC eroticale de la papille n’est pas plus considérable que d habitude , eUe est prolongée seulement par quelques plaques rare» analogues a celles de l’œil gauche que je me bornerai à décrire.
L’œil gauche présente les mêmes caractères ophthalmoscopiques que l’œil (iroit, mais plus accusés encore. La papille est d un blanc éclatant, sans excavation extraordinaire. Les artères sont presque réduites à l’état de fil ; les veines, même les gros troncs, ont perdiL leur double contour, et sont très-notablement rétrécies. Quant à la macula, elle offre ici comme dans l’œil droit une apparence normale et ses beaux ramuscules veineux et artériels. Le fond de l’œil, maigre l’atrophie des plus prononcées, n’a subi aucun changement de ton.
En haut et en bas la zone scléroticalede la papille se prolonge dans la rétine en formant une houppe d’une certaine étendue d’une assez grande largeur, d’un blanc éclatant et nacré comme elle. La houppe supérieure est la pins prononcée et elle peut avoir l’etendue de a
moitié de la papille. , • ♦
Ces plaques blanches sont constituées par des filaments jux ap , faciles surtout à voir à un fort grossissement de l’image, et au moment où ils vont se perdre dans le reste delà retme transparente. En dehors des limites de ces houppes, la papille est egalement pr longée mais d’une façon, moins éclatante et bien moins «tendue.^ L’asiect ophthalmoscopique ne permet pas de dou ter un instairt de la nature de^ces taches. Ce rsont des prolongements de tissu conr neetif qui entourent les,fibres nerveuses optiques,^dans la retme,
Uconltion centrale qui marqua les débuts de laffectiou, puis la compression exercéeensuite parcedssu conjonctifde nouvel.e formation sur les fibres nerveuses optiques dans la retme et P^obaMemen * “ a,ns l’intérieur du nerf, ce qui ne resterait meme pas en desac-,
ranOarence physiologique des veines rétiniennes, telles
sont la perte des fondions de la moit é interne
Ti^U drÏ dfd—iL trés-sensibiede la faenlté visuelle do
l’autre mofiiè du lanialade éprouva
unt IrèSre am^ration del’œU droit. Sou champ visuel gagna
un peu en étendiie, dans les parties périphériques, ee qu’il faut sans douie raltàcher à ce que le mala le ne pu continuer ses habitudes bien plutôt qu’au traitement, qui, à priori, doit être bien peu efficace; en pareils cas.
La planche 15 représente le champ visuel de son œil droit, pris à la distance de la, vision distincte et réduit au vingtième. Comme on peut le voir, la,moitié interne de la rétine est paralysée. Nv'us not rons qu’il n ya pas en ces points prédominance de lésions, à l’ophthalmoscope.
C’est autour du point central que la vision est encore le mieux conservée., La partie non recouverte de hachures e^t la partie de la rétine la plus sensible; la vigueur des traits et leur rapproche i eut est en rapport avec une vision de plus en plus obscure. (V. pl. XV.)
EXAMEN DE l’œUL DANS DN CAS d’inTOXICATION QDINIQUE.
- Nousavons eu l’occasion d’examiner à l’ophthalmoscope l’œil d’un malade qui présentait les symptômes d’une intoxication quinique : céphalée violente, larmoiement, bourdonnements d’oreille, douleurs vives à la pression sur le trq^t des nerfs s us-orbitaires, frontaux, temporaux; mouches, brouillards devant les yeux, traînées de feu, vomissements.
Nous n avons rien remarqué d’anormal.
tcbercules de la choroïde dans la tuberculose miliaire généralisée.
t jæger en 1855, Manz en 1861, 1864. B mehut en 1864, Busch, Conheim, GaJezow*ki.ont relaté un petit nombre d’observati.ms de tubercules dé la chor. île;'mais il est probable que le nombre de ces observations augîheiiterait rapideineiU si l’on généralisait plus encore qu’bu ne le fait l’emploi de l’ophlbalmoscope L'aspect ophlhalmoscopique des tubercules de la choroïde qui semblent si freijuem-
ment faire leur apparition dans celte membrane, alors que la tuber- ^ culos ‘e.st généralisée, doit être fort connu du médecin désireux de porter un diagnostic et un pronostic précis; car leur examen seul permet de reconnaître, de préciser la maladie que tous ,les autres symptômes ne peuvent que faire soupçonner.
observa™ r. • .
Recueillie à l’hôpital civil de Strasbourg..
Giithner, garçon brasseur, né dans le Wurtemberg, 32 ans, se présente a la clinique de M. le professeur Hirtz,.le 17 janvier 1870.
Pas d’hérédité, de maladies antécédentes. D^pu’S quinze jours^ il dit éprouver les sympiômes suivants : fièvre, céphalée persistante, vomissements surtout te soir, sueurs nocturnes, pas de diarrhée. Depuis huit jours,-il a quitté le travail, et la
faiblesse augmentant, il s’est couché le 10 janvier.
Il entre le 17 à rhôpital où l’on constate : vomissements, céphalée absence de fièvre (37». è, p. 86); mais, le 19 (dix-septième jour), la fîevre se manifeste (39'’.2, p. 92).accompagnée de sueurs la nuit et d’insomnie; puis, se présentent les caractères d’une bronchite qui fournit une expectoralina séreuse et très-abondante. Pas de diarrhée, ni de taches lenticulaires. Le malade n’a jamais eu d’hémoptysies.
À partir de ce jour la fièvre continue peu intense. La teinpérature n’arrive pas à 39» et le pouls à 100. Céphalée, troubles de la vision (sur lesquels on ne s appesantit pas), nausées, plus de vomissements, ventre dur, non douloureux, gar-^
gouillant, constipation. 0« cm! à jgèiTC
Du 28 janvier au 10 février {vingt-sixième jour au trente-huitième), ventre tyni* panitique; quelques selles diarrhéiques. Le malade se trouve un peu mieux, goûte un pf'U de sommeil; la fièvre baisse graduellement, mais .la langue reste-sèche, et rouge sur ses bords. Prostration; yeux ternes; puis, la toux redevient plus.violente le trente-huitième jour, l’expectoration plus abondante, et des râles soüscrépitants se font entendre à la hase de la poitrine. Dyspnée.
A partir du trenle-huitième jour, l’abattement s’accentue, la température monte
à 40“' la langue- est toujours sèche et sale, le ventre durcit, se ballonne sans être cependant très-douloureux; la respiration s’embarrasse de plus eu plus, et-le malade meurt le quarante et unième jour, après avoir déliré et présenté un pouls
qui monta à 1 A» pulsations.
Telle est en résumé celte observation où comme caractères dominants se sont 1871. — Delorme. ^
montrés : les vomissements, "une fièvre légère, la céphalée, TaspeCt typhoï le, lu constipation, l'absence d’hémoptysies avec une bronchite à râles secs, fournissant une expectoration très-abondante*, enfin des troubles visuels.
tautopsie, faite par M. le directeur des autopsies, révéla dans les poumons une quantité considérable de tubercules miliaires ; la rate, le foie, le péritoine, la plèvre, les méninges en contenaient également en grande quantité. L’aspect microscopique de ces masses était celui des granulations miliaires.
En recueillant des yeux àLamphithéâtre de dissection, nous sommes tombé par hasard sur ceux de ce cadavre que nous n’avions pas reconnu d’abord. Y ayant trouvé des masses tuberculeuses, nous sommes remonté alors à robsèrvation, connaissant le nom du cadavre et le numéro de là salle dont il provenait.
Les yeux, après avoir été montrés à nos maîtres, MM. les professeurs Stœber et Monnoyer, et nous avoir fourni un dessin macroscopique que nous possédons, furent portés, pour y subir l’examen microscopique, dans le cabinet de M. le professeur Morel; maisilsy futent égarés. deHiderata, cette observation n’en a pas
moins, nous croyons, toute sa valeur; car l’opinion de nos maîtres, raspect de ces masses identiques à celles que nous avions vues dans les autres organes du même cadavre, et qui présentaient les caractères macroscopiques et microscopiques du tubercule, ne nous laissent pas le moindre doute.
Voici en quelques mots là description de ces tubercules de la choroïde:
Taches d’un blanc Jaunâtre ou d’un blanc grisâtre, à contours nets çt non pigmentés, siégeant dans toute répaisseur de cette membrane. La îétine, ainsi que la sclérotique, se détachent facilement à leur niveau. L’épaisseur et l’opacité de la première de ces membranes n’est pas augmentée aux points qui leur correspondent. La sclérotique, eUe, à leur niveau, est privée de cetté espèce de duvet qu’elle
conserve normalement après sa séparation de la choroïde, et qui est due à ce qu’elle retient quelques débris delà fv^ca.
Ces taches étaient de différentes grandeurs. Deux oü trois avaient un peu plus de 2 millimètres de diamètre; d’autres étaient plus petites, delà grosseur d’une petite tête d’épingle ; enfin un assez grand nombre, très-petites, n’étaient guère nettement distinguées qu à la loupe. Ces tubercules siégeaient dans l’étendue d’une zone qui attrait pour limite une circonférence tracée, eh prenant la papille comme
centre et la macula comme extrémité du rayon.
Chaque œil én contenait 4 à 6 de différentes grandeurs, et ceux de l’œil gauche étaient entourés de la plaque rougeâtre hypostatique, qu’on trouve presque toujours sur l’œil du cadavre, à 1 extrémité de, l’axe antéro-postérieur. - . ^