Jusqu'au moment où Babylone entre en scène
parti étranger. Cette lutte , à laquelle se rattachent les grands noms de Fancien prophétisme *, se termine par la victoire du dieu hébreu , vers la chute de la royauté : le dieu national triomphe au moment où la nation qu'il devait taire périt. Mais au même instant et du même coup , aux approches de la catastrophe , ce dieu lui-même subit une altération profonde. Ce n'est plus un dieu national à la façon des autres, conçu et adoré comme pourrait l'être Camosch ou Milcom : si ce n'est qu'un dieu national , un Camosch d'Israël, un Milcom de Juda , Israël a été trahi, et le roi de Babel/ en poussant ses chars de guerre contre Jérusalem , pourra s'écrier lui aussi . mais sans craindre de retour comme autrefois l'Assyrien : « Ne te laisse pas abuser aux promesses de ton Dieu ! Où sont les rois d'Arpad, de Hamath, de Separvaïm? Quel est le peuple que son Dieu a jamais sauvé de mes mains? » Le dieu d'Israël , grandi par la défaite de son peuple, en devient le dieu universel , le dieu unique, le dieu d'Isaïe et des prophètes, le dieu du Décalogue, Jehovah , celui qui est. C'est toujours bien le dieu d'Israël , puisqu'il s'est révélé à Israël seul, qu'Israël seul a su le deviner; mais c'est le Dieu sans second. Ce n'est plus le dieu jaloux du premier mosaïsme et des Élohistes , qui a faim de victimes et d'offrandes et punit les fautes des pères jusqu'à la quatrième génération : c'est le dieu de justice et d'amour, qui veut des cœurs purs et non des mains pleines, qui a horreur des sacrifices et de la grimace du culte - et qui ne veut plus qu'on dise : (( Les pères ont mangé les raisins aigres et les fils en ont eu les dents agacées ^. » Et puisque le peuple qui l'a
\ . Les prophètes dont il ne reste que le nom.
i. Isaie , I.