‹ Essais orientauxChapitre 2 sur 109 · PERSE · texte numérisé non relu

PERSE

Au milieu du siècle dernier, on ne connaissait de la Perse ancienne que ce qu*en conte Hérodote : les écrivains byzantins et musulmans ne nous renseignent que sur les périodes postérieures qui répondent au moyen âge, et cela d*une façon incomplète et superficielle. D'ailleurs , on ne peut connaître un peuple que par des documents qui émanent immédiatement de lui : les témoignages étrangers, si sincères qu'ils puissent être , ne nous faisant arriver aux faits que par l'intermédiaire d'un esprit différent, les déforment toujours, et ne nous fournissent jamais l'impression de la réalité telle que les monuments directs la révèlent. Cependant, dès le commencement de la Renaissance, la Perse ancienne attira vivement la curiosité : le grand attrait de la Perse était sa religion, cette fameuse religion de Zoroastre et des Mages, qui avait laissé dans l'antiquité un tel renom de profondeur, de sagesse et de mystère. Le premier travail sur cette religion est dû à l'illustre et malheureux Brisson, dont la carrière politique et la destinée tragique ont trop fait oublier le mérite comme

L ORIENTALISME EN FRANCE

éi!udit. Dans ua livre publié un an avant sa mort, en 1590, il. rassembla avec une exactitude parfaite toutes les données des auteur classiques sur les croyances et les pratiques des anciens Perses *. Un siècle plys tard» en 1700. à la suite d^ progrès faits dans l'intervalle dans Tétude de l'arabe et du persan, parut un ouvrage qui sembla alors le dernier mot de la science : c'est le livre où le savant anglais. Thomas Hyde dresse le tableau systématique de .la religion des anciens Perses et des Mèdes^, en combinant avec les données des classiques celles des historiens musulmans et celles de quelques textes persans de date moderne, compilation sans, critique, mais d'une remarquable érudition et qui, à présent encore, n'est pas sans utilité.

Bien que Ton sût déjà, par les voyageurs et les missionnaires du dix-septième siècle, que la vieille religion de la^ Perse n'avait pas encore entièrement disparu devant la conquête arabe, et que Zoroastre avait conservé quelques sectateurs fidèles, les Guébres ou^ Parsis, dans un coin du Kirman et dans le Guzerate ; bien que Ton sût que ces derniers représentants du magisme possédaient encore les textes sacrés de leur Vieille religion, et que le missionnaire français Gabriel du Chinon eût eu ces livres en mains 3, personne ne songeait à aller s'instruire à la source et à demander aux héritiers des Mages le secret de la religion de leurs ancôtres. En 1718, un Anglais, George Boucher, commerçant à Surate, avait reçu des Parsis de cette place un exemplaire de leur principal livre, le Vert-

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