‹ Essais orientauxChapitre 25 sur 109 · LE DIEU SUPRÊME, DIEU DU CIEL · texte numérisé non relu

LE DIEU SUPRÊME, DIEU DU CIEL

Ainsi les Aryens de Grèce , d'Italie , dinde et de Perse s'accordaient à mettre au plus haut de leur Panthéon un dieu suprême qui gouverne le monde et qui en a fondé l'ordre, dieu souverain, omniscient, moral. Cette conception identique a-t-elle été conquise des quatre côtés par quatre créations indépendantes, ou bien est-elle un héritage commun de la religion indo-européenne, et les ancêtres aryens des Grecs , des Italiens , des Indiens et des Persans connaissaient-ils déjà un dieu suprême, organisateur, souverain, omniscient, moral?

La seconde hypothèse est plus simple et plus vraisemblable que la première ; on ne peut cependant Tarx^epter de prime abord comme certaine : une conception abstraite et logique de ce caractère peut très bien se développer à la fois chez plusieurs peuples d'une façon à la fois identique et indépendante. A quiconque le regarde , le monde en tout temps et en tout lieu peut révéler un artiste suprême : Socrate n*est point Télève du Psalmiste et les deux lui racontent, comme au chantre hébreu, la gloire du Seigneur.

LE DIEU SUPRÉMS DES ABYENS. 117

Mais si la conception abstraite se trouve étroitement liée à une conception naturaliste et matérielle et que celle-ci soit identique des quatre côtéa, sachant, d'autre part, que ces quatre religions ont un passé commun, l'hypothèse que cette conception abstraite est un héritage de ce passé , non une création du présent , pourra s'éleyer jusqu'à la certitude.

Or, ces Dieux qui organisent le monde , le gouvernent et le surveillent, ce Zeus, ce Jupiter, ce Varumi, cet Ahura Mazda, ne sont pas la personnification d'une simple conception abstraite. Ils sortent d'un naturalisme antérieur, dont ils sont encore mal dégagés : ils ont commencé par être des Dieux du ciel.

Zeus et Jupiter n'ont jamais cessé de l'être et d'en avoir conscience. Quand le monde a été partagé entre les dieux, « Zeus a reçu en partage le vaste ciel dans l'éther et les nuées K » C'est comme dieu du ciel que tantôt il brille lumineux et tranquillement pur, trônant dans les splendeurs éthérées , que tantôt il s'assombrit , amasseur de nuées (viçcXt;Y»piT>iç) , répandant les pluies célestes (^ptoç, Utioç)^ lançant sur la terre le tourbillon des vents farouches, tendant l'ouragan du haut de l'éther, brandissant le tonnerre, l'éclair, la foudre («pauvioç, dorporraToç, ppovriov^.î. C'est pour cela que la foudre est son arme et son attribut , « la foudre au pied infatigable qu'il pousse dans les hauteurs ^ ; » c'est pour cela qu'il roule sur un char retentissant, brandissant de sa main le trident de feu ou le lançant sur les ailes de Faigle ou de Pégase, coursiers aériens de l'éclair; c'est pour cela qu'il est Tépoux de Atifii^TTip « la Terre-Mèi*e , » qu'il

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