‹ Essais orientauxChapitre 47 sur 109 · Théog., vers · texte numérisé non relu

Théog., vers

9X0S d*i[£pa dtav ixavfiv "aaTcsxoç , ooae 8*â(jLep$e xai î^ffxcuv ncp £ovxo>v aû)^ [iap(xa(pouaa X£pauvou X£ vxEpoirrjc xe. Kaufia èà Oeonéatov xaxeycv y«(0< ( Théog,, l>97).-

k lutte, s* il est la région atmosphérique, si le Vide * que son nom désâigne est le vide qui sépare le ciel de la terre. Ainsi l'entendait certi^s le vieux poète qui montre l'aigle volant " dans le Chaos stérile 2; » ainsi Euripide, quand il dit^ : (t Ce ciel qui e^l au dessus de nous et la terre sont le siège commun des mortels et des génies; au milieu, entre le ciel eê la ten*e , ce qu'on appelle le Chaos ; » ainsi les oiseaux d'Aristophane, quand, bâtissant leur cité aérienne,, ils se promcUent de prendre les dieux par la famine, s'ils ne consentent à payer tribut, en empêchant la graisse des victimes d'arriver au ciel à travers leur cité et le Chaos ^. C'est de ce Chaos que vient le monde, parce que c'est dans ce Chaos, dans ce vide entre ciel et terre, que réside le principe créateur, h\ fiuce. Phérécyde, qui, comme Thaïes, fait de l'élément humide le principe premier, appelle ce principe Chaos ^. Quand le Socrate de la comédie annonce pour dieu nouveau le Chaos avec les Nuées, il le montre du

i . Sens littéral ik /io; ; il est à y aivco (hiare) dans le même rapport que ç?{Wï^ à fafvtii,

2. Baccfuliiïe, (Mille d'Eschyle (v« siècle), dans le scholiaste de la- Théogmk, veri^ H6 :

Nwfxataî â'£v ârpuYETw /^«êi.

H, Oupava^ ^jûïp f^[j.3(; xoivcîiç ^oiiùîv iôoç ôai(xov(ii>v , xô o'èv {xe9ci> tou oGpAvo^ -z Xixl y^ffVTjç r/i (xàv ovo[jLa2^ouai yjxoç (EURIPIDE, Cadmus dans Probm, Md Virjî. EvL Vî, 31). Le texte a été restitué comme il suit (éd. Didol) ;

( )tjpavci{ 0' f)(xa; uTcàp jtal V% , ppfjTôiv xotvdv T£ 8ai(iova)V 6' êôo;* 70 È' h (JLtcîfjî touT* oupavou Tg xat yôovoç

L'incertitude de i:i restitution ne modifie en rien le sens en ce qui touiJlie le mot /ao;.

4 H Atx ttJ; TîoX^tii; t^; iXXoTp'aç xai tou /^àou;

"fïiv jjiT]p!;Vjiv TÎjv xv^aaav ou Ôta^prlasTS (OiscaUXj 492).

b. Tatius j Isagogc, apud Scho^mann.

LES GOSMOGONIES ARYENNES. 155

doigt *, parce que le Chaos n'est autre que le lieu de la nuée. Socrate n'invente pas, comme le veut Aristophane, des dieux et des rapports nouveaux, il n'abandonne pas les vieilles divinités pour des créations de fantaisie, il remonte aux plus anciennes traditions des Hellènes et des Aryens : le novateur dénoncé n'est qu'un attardé de la vieille foi, qui semble nouvelle étant oubliée. Le bon Plutarque, à défaut d'Aristophane , comprendrait ce Socrate : « L'eau est le premier des éléments , a dit Pindare ; ainsi parle aussi Hésiode : Tout d'abord était le Chaos 2. »

Les deux enfants du Chaos, c'est-à-dire de la région nuageuse, ne sont, l'un, la Nuit, qu'un attribut du Chaos, l'autre, TÉrèbe, qu'une autre forme du Chaos même. Si, dans la mythologie classique , l'Érèbe , siège de la nuit éternelle, est caché dans les entrailles de la terre, il reste des indices qu'il n'en a pas toujours été ainsi. L'Érèbe, dans l'Odyssée, commence au delà du fleuve Océan, là où roulent dans TAchéron le Phlégeton enflammé et le Cocyte : tous ces fleuves de flamme et de ténèbres ont conunencé par être le fleuve d'en haut, le fleuve de la nuée d'orage, où roulent la lave et la nuit ; ces demeures souterraines où gisent les démons vaincus ont été tout d'abord la demeure d'en haut où les démons attaquaient, luttaient, succombaient. Seulement, comme l'atmosphère ne se révélait que par intermittence comme le siège de la nuit et des créatures de la nuit, on les rejeta dans les cavités souterraines , pleines d'inconnu et de terrem* , où jamais la

4 . Nojxittç flôïj 680V ou8^va , ;:Xr)v aiztp ^jxeî; , To Xaoç toutI, xai xiç Nsç^aç, xat ttjv yT^wrcav, tp^a taOra (Nuées, 442).

%. "AptOTOv (làv udcop, ô 8£ /^puaoç, aiO(î(X£vov jcûp ,

çvjmv ô n^vSapoç* «ovre oûto; (xlv Scur^pav avtixpuç ita 7n;pt ytopav ^dcoxc* ou(X9<ovcT 8è xat ^H^iotoi , ct;t J>v ,

*Htoi |xàv }cpc&Ti9Ta Xioç Y^vcto (Aqua an Ignis tU utUiar, 4).

lumière du ciel ne pénètre. L'Erèbe a été la nuit d'en haut avant d'être la nuit d'en bas, et la grammaire comparée, confirmant les inductions de la mythologie^ reconnaît dans son nom, ''EpcSoc, l'équivalent exact du sanscrit rajas, nom de l'atmosphère, de la région nébuleuse*. L'enfer a été dans le ciel avant d'être sous terre ; c'est le ciel d'orage qui en a fourni le premier type, et si naturelle était cette con* ception qu'à trois raille ans de distance Milton la retrouvait : dans le conseil que tiennent les anges vaincus, précis pités du ciel dans l'enfer, Mammon, lés exhortant à se résigner et à se faire un palais de leur prison, s'écrie : « Est-ce ce profond univers de ténèbres que nous redoutons ? Que de fois parmi les épais et sombres nuages le Seigneur tout souverain du ciel établit sa résidence et de la majesté des ténèbres enveloppe son trône , du fond desquelles les tonnerres profonds rugissent, concentrant leurs rages, et le ciel prend l'aspect de l'enfer 2. »

Mais de ces nuages, de ces ténèbres, de cet enfer, doit sortir le ciel lumineux ; de cette nuit, le jour; c'est pourquoi « de la Nuit naquirent l'Éther et le Jour , qu'elle enfanta unie d'amour à Érèbe. »

. 1. AscoLi, Fottologia, § 26, 4 : c'est le gothique rikvis, ténèbres. Le rapprochement proposé avec le sémitique arb, occident, soir, n*est qu*un rapprochement de son : il faudrait, pour l'admettre à discussion, que arb eût une valeur mythique en sémitique , ce que l'on n'a pas songé à établir.

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