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4. Voir plus bas, § 27. — Comparer les nombreuses formules christianisées , latine , bretonne , provençale , anglaise , galloise , serbe et bulgare, récemment rassemblées par M, Kœhler ( Revue Celtique, IV, 447), et qui, cherchant le support du monde, arrivent comme dernier terme à un chêne planté au début des temps par Jésus-Christ et, dans quelques formules, identique à Jésus même. Voici la formule latine :

Quid sustinet cœlum ? Terra.

Quid sustinet terram? Aqua.

Quid sustinet aquam ? Petra.

Quid smtinet petram ? Quatuor animalia.

Quœ 8unt illa quatuor animalia ? Lucas, Marcus^ Matheus , Johannes. Quid sustinet illa quatuor animalia ? Ignis, Quid sustinet ignem? Abyssus.

Quid sustinet abyssum ? Arbor, quœ ab initio posita est, ipse est Dominus Jésus Christus.

LES GOSMOGONIBS ARYENNES. 169

mologies grecques : le monde, en Grèce comme en Inde, naît des eaux, des ténèbres, de la lumière, de Tœuf, de Famour, de la lutte, de Tarbre, et ces sept principes nous ramènent à une même conception mythique : le monde est né des mêmes éléments dont il renaît dans la nuée d'orage. Cinq de ces éléments sortent directement d'images naturalistes : les eaux , les ténèbres , la lumière sont les eaux de la nuée, les ténèbres de la nuée, la lumière de la nuée , et l'œuf et l'arbre sont deux de ses formes. Le sixième, l'amour, sort d'une image anthropomorphique, le dieu lumineux caché dans la nuée étant conçu comme dieu amant, parce qu'il arrache la déesse-lumière aux serres du démon ; le dieu -amant devenu dieu -amour fournit à la cosmogonie un principe nouveau tout abstrait d'apparence et la lance dans les voies métaphysiques. Le dernier principe enfin, la lutte, est l'expression directe du mythe primitif.

Tous ces éléments cosmologiques étaient déjà définis dans la période de l'unité indo-européenne : les rapports frappants des deux cosmologies, grecque et indoue, sont trop précis pour être le fruit du hasard et trop particuliers pour être le fruit de développements identiques , mais indépendants. Quant à l'hypothèse d'un emprunt de la Grèce à l'Inde, l'idée n'en viendra à personne : ni Homère, ni Hésiode , ni Aristophane n'ont appris des Védas que rOcéan, que la Nuit, que l'Amour, que la Lutte, sont à l'origine des choses : le système même de l'œuf cosmique, quoiqu'il n'apparaisse entièrement formé que dans les Orphiques, est aussi ancien que les autres, et c'est dans l'œuf qu'Aristophane fait germer l'amour créateur*.

1 . On peut suivre cette forme cosmologique jusqu'au siècle de Solon si la cosmogonie prêtée à Epiménide est authentique, ce qui semble le cas : au début , l'Air (l'Atmosphère) et la Nuit (àspa xal viSxta) ; de là, par deux intermédiaires mal délinis, l'œuf d'où sortent les créatures (euv fjLi)(^O^vT(ov dXX7[Xoiç oJov YSv^oOûti..., sÇ ou tcoXiv ûtXXyjv ^ev^av TîpoasXOeîv; Damascius, Deprimis princip., § 424).

Les ancêtres de la race aryenne possédaient donc déjà ces sept formules, différentes de forme, identiques de sens : le monde est né des eaux, le monde est né de la nuit, le monde est né de la lumière, le monde est né de l'œuf, le monde est né de l'arbre, le monde est né de l'amour, le monde est né de la lutte.

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