‹ Essais orientauxChapitre 56 sur 109 · C08M0L0G1EB DE PERSE ET DE SCANDINAVIE · texte numérisé non relu

C08M0L0G1EB DE PERSE ET DE SCANDINAVIE

§ 20. Caractère des cosmologies persanes.

l 21. UEauetleFeu.

§ 21 bis. Hippon, Heraclite.

g 22. La Nuit.

§ 23. L'Amour.

§ 24. La Lutte.

i 25. L'Œuf cosmique.

{g 26 et 27. Cosmologies Scandinaves : TEau et le Peu, TÂrbre.

S 20. La religion de la Perse , le Dualisme ou Mazdéisme, a fait subir des modifications profondes aux vieilles croyances indo-européennes. Elle a coordonné d'une façon systématique et nouvelle les éléments légués parla période antérieure, en séparant d'une façon tranchée le monde et les dieux en deux camps, celui de la lumière et celui des ténèbres , du bien et du mal. Deux principes suprêmes et primitifs , lumière et ténèbres ; deux êtres suprêmes incarnant ces deux principes , Ormazd et Ahriman : ces deux êtres créent, chacun de leur côté, toute une série d'êtres lumineux et bons , ténébreux et méchants,- et la lutte de ces deux principes, de ces deux

êtres, de ces deux mondes, constitue l'histoire de l'univers . Comme toute l'activité créatrice est reportée à ce dieu des dieux et à ce démon des démons, il n'y a pas à parler d une cosmogonie à la façon grecque et indoue, toutes choses venant d'eux et non dailleure. Mais, à l'arrière -plan , les vieilles conceptions cosmologiques subsistent , et , mal fondues dans la nouvelle qu'elles troublent, n'en attestent que mieux leur puissance et leur antiquité. Ce sont principalement les sectes qui en ont conservé le souvenir.

S 21. La secte des Zervanites, qui ramène le dualisme à l'unité en faisant sortir Ormazd et Ahriman d'un être antérieur , Zervan , le Temps sans bornes, enseigne que Zervan , voulant avoir un fils , Ormazd , qui créât le ciel et la terre, commença par créer l'eau et le feu, du mélange desquels naquit Ormazd K Nous voici de nouveau de plainpied sur le terrain des mythes indo-grecs. Cette eau, mêlée au feu pour produire le dieu de la Lumière, nous reporte à la nuée sillonnée de l'éclah', d'où doit sortir la lumière du joui*, à l'onde indistincte des Védas.

Ce débris de cosmologie diffère des formes correspondantes de l'Inde et de la Grèce par la présence du feu, qui là-bas sort de l'eau, qui ici y réside et partage avec elle le rôle de premier principe.

S 21 bis. Rien de plus légitime que cette union, dans les fonctions cosmogoniques, de l'eau et du feu, puisque c'est de leur union dans la nuée que le monde sort. Le feu qui

i . Sur les Zervanites, voir Ormazd et Ahriman^ §§ 244-256.

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