LES C0SM060N1ES ARYENNES
abstrait et moral. Cependant, même sous Texposé récent et systématique des récits parses, les contours primitifs du mythe naturaliste se dessinent avec clarté : la création a lieu après la défaite d'Ahriman : le dieu et le démon se sont rencontrés dans « le vide qui s'étend entre la lumière infinie et les ténèbres infinies » et qui s'appelle Vdi, c'est-àdire l'atmosphère * : Ormazd écrase son adversaire à coups de formules sacrées et crée , pendant son accablement, le ciel, la terre, le soleil et toutes les lumières matérielles.
La conception primitive, à peine voilée sous les formes niystiques qu'elle a revêtues ici, se retrouve, voilée autrement, sous des traits puérils empruntés à d'anciens contes, dans un mythe bizarre presque déchu en conte d'enfant. Un jour , Ahriman invita Ormazd à dîner : Ormazd , y étant allé, ne voulut pas manger que d'abord leurs fils ne se fussent battus ; et, le fils d'Ahriman ayant terrassé le fils d'Ormazd , les deux pères furent à la recherche d'un juge et, n'en trouvant pas, firent le soleil pour leur servir déjuge. Ces deux fils d'Ahriman et d'Ormazd sont connus de TAvesta : ce sont Ajis, « le Serpent, » et Atar, « le Feu, » les deux représentants du démon et du héros dorage dans la mythologie iranienne ^.
Sous ce récit puéril se cache un mythe faisant sortir la création d'une lutte, un mythe analogue à ceux que nous avons rencontrés dans les Védas, dans Phérécyde ^ ; c'est de l'Empédocle mis en conte.
S 25. Voici enfin l'œuf cosmique des Indous et des Grecs : « Le ciel et la terre et les eaux et toutes les autres choses
\ . Ormn^d et Ahriman, § 97.
2. Pour rexplication des détails, voir ibid,, p. M 3, note 4.