Voir §9 et
qui sont dans le ciel sont faites à la façon d'un œuf d'oiseau. Le ciel, au dessus et au dessous de la terre , a été fait par Ormazd à la façon d'un œuf. La terre, à l'intérieur du ciel, est comme le jaune dans l'œuf*. » N'y a-t-il là qu'une comparaison a posteriori, ou bien ces mots : a été fait par Ormazd à la façon d'un œuf, sont-ils des souvenirs d'une conception où le monde naît réellement d'un œuf? Un mythe persan transmis par Plutarque tranche la question dans ce dernier sens : « au commencement du monde, Ormazd, créant les dieux, les mit dans un œuf: Ahriman perça cet œuf, et par là se fit le mélange du bien et du mal » 2. Cet œuf où résident les dieux et que le démon pénètre n'est autre que l'œuf védique , la nuée où germe l'Embryon d'or et « où sont contenus tous les dieux ^ », c'est-à-dire le lieu où est en dépôt la lumière et où le démon d'orage pénètre, y mêlant ses ténèbres. C'est de cet œuf que l'univers sort dans la conception persane conune dans l'indo-grecque * ; le détail seul diffère , les deux parties du monde, ciel et terre, étant ici les deux divisions naturelles de l'œuf — le blanc et le jaune, là les deux éclats de l'enveloppe.
Le Mazdéisme a donc connu les mêmes principes cosmologiques que l'Inde et la Grèce : Eaux , Nuit, QEuf,
1. Minokhired, 44, 8. Voir Ormazd et Ahriman, § 415. Cette comparaison se retrouve dans Varron (ap. Probum, Eclog. VI, 31) : « Cœlum ut testa , item vitellum ut terra, inter illa duo humor quasi Ixfxà; inclusus aer, in quo calor. » Cette Ixfxaç est « le siège éternel des eaux » de la cosmogonie brahmanique, siège d'aer et de calor, des vents et de la flamme.
2. De hide et Osiride, 47 : aXXouç 81 Tuo^yjaaç xéfsaapai xa\ etxoai Ocoùç, ûç <î>ôv ÏOrjxev o\ 8è utco toC Apsifiav^ou ^evofievoi, xai autoi ToaoCfTOi, 8ia- Tpr[aavT£ç xo toôv favwOèv (? lire avec Xylander : ôi^iprjaav to wôv, oOsv) dvafJL^fjLtxtai là xotxà toÎç ayaBoîç.