LES G0SM060NIES ARYENNES
le monde à la fin des siècles S souvenir d'un temps où Muspelheim n'était que la région de la flamme atmosphé^ rique et par suite le siège de Torage et des démons 2.
§ 27. Nous avons vu dans l'Inde une des formes mythiques de la nuée, l'arbre , fournir le principe d'une cosmologie secondaire, représentée en Grèce par Phérécyde. En Germanie , de même. En Inde, le monde est l'arbre de Brahma ou l'épanouissement du lotus d'or ; en Germanie , le monde est une ramification du frêne Yggdrasil. Yggdrasil est le plus grand et le plus beau des arbres ; ses racines s'étendent sur tout l'univers et vont jusqu'au ciel. Trois racines le tiennent fixe, qui au loin s'étendent : l'une où sont les Ases (les dieux), l'autre où sont les Hrimthursen (les géants de la gelée, les démons), l'autre va siu* Niflheim ^. Séjour des dieux , séjour des démons et Niflheim sont primitivement une seule et même chose : c'est le Niflheim même, la nuée, d'où naissent nuit et lumière , démons et dieux ; et ce frêne universel est identique à celui que le paysan allemand aujourd'hui encore contemple au ciel dans l'arbre des tempêtes , le Wetterbaum : c'est le frêne de la nuée devenu principe cosmogonique *. Voilà pourquoi Yggdrasil est arrosé de
i, Edda, Gylfaginning, 4, 54.
%, L'abîme au sein duquel se fait la création s'appelle GinHunga-gap, a le vide béant; » c'est le ChaoSj non seulement de fait, mais littéralement ; car Ginnunga est dérivé de la même racine que x«-vw (x'^oi), la racine x<xv, en germanique gin (allemand g'àhnen, anglais yawn).