LES C0SM0G0NIE8 ARYENNES
rant de tous les univers, par delà le ciel, par delà cette terre, tant est grande la grandeur dont je suis* ! »
Ainsi s'exprime la déesse désignée par les Indiens euxmêmes sous le nom de Vdc Ambhvinî, « la voix née du nuage», nom plus que transparent et qui fait comprendre pourquoi elle remplit les deux mondes, pourquoi les dieux Font mise à tous les coins de F Univers, pourquoi son lieu de naissance est dans les eaux , poui'quoi enfin elle enfante son père en naissant de son front ; en sortant du front du ciel 2, ne le crée-t-elle pas à son tour, puisqu'à sa voix il sort de la nuit et reparait? Voilà pourquoi, naissant de Purusha, il naît d'elle.
De là des mythes où l'être premier* et la Voix agissent ensemble et où la Voix devient l'élément femelle de la création : « Prajâpati était tout l'Univers, il se dédoubla en Vâ'C (la parole) ; il s'unit à elle , elle conçut, s'éloigna de lui et enfanta toutes ces créatures 3. » Dans un autre mythe, la nature primitive de Vâc reparaît, car elle agit avec la lumière : « Prajâpati créait les races : il était épuisé : Vâc, pour le ranimer, fit lever devant lui un rayon de lumière. Il dit : Qui m'a fait lever ce rayon de lumière? Elle répondit : Moi, qui suis tienne, Vâc ^. » Tra-
4. RV. X. 125. — On a rapproché de Vâc ^e Verbe de.; saint Jean. Je crois que la ressemblance n'est qu'apparente. Le mot Verbe n'est qu'une traduction incomplète du terme grec Aoyoç, qui est, avant tout, la Raison, une forme de Soç'a. Les affinités véritables du Aoyoç sont du côté de la Sagesse céleste (Ecclésiastique, Proverbes; — Philon ; — Formules Avestéennes sur Vâsna khratUj et Minokhired).
2. Le lecteur rapprochera de lui-même le mythe grec : Athéné sortant du front de Zeus (le ciel) , en agitant ses armes étincelantes, et poussant un cri qui remplit le ciel et la terre.