Ap. Weber, Indische Studien, IX
duction mystique de l'union de la flamme et de la voix, de Téclair et du tonneiTe , dans la création orageuse. Vâc devient enfin l'instrument de la création : après avoir flotté un an dans l'œuf cosmique, Prajâpati sentit le besoin de parler : il dit terre ! et la terre fut ; atmosphère ! et l'atmosphère fut; ciel! et le ciel fut*. Prajâpati lui-même semble devenir une des créations de Vâc : il est dit Vâcya^ (( né de Vâc ^ » ; elle devient enfin la matière première :
« La parole est l'incréé ; c'est de la parole que l'artisan universel a fait les créatures ^. »
lia parole n'atteint pas en Perse à cette hauteur suprême: elle demeure subordonnée à l'être premier. Elle est antérieure au monde, mais elle est toujours parole d'Ormazd et non parole en soi. «Esprit très bienfaisant, ditZôroastre à Ormazd, créateur des mondes matériels, saint! Quelle est la parole que tu as prononcée, ô Ahura Mazda, avant que fût le ciel, avant les eaux, avant la terre, avant le taureau, avant les arbres, avant le feu, fils d' Ahura Mazda, avant le premier homme, avant les démons , les reptiles et les hommes, avant tout l'Univers matériel, avant tous les biens créés par Ahura, qui ont leur germe dans le bien ? » — « C'est l'Ahuna Vairya, répond Ormazd : cette parole, je l'ai prononcée avant la création de ce ciel, avant les eaux, avant la terre , avant les arbres, avant la création du taureau quadrupède, avant la naissance du premier homme, avant le soleil, etc.*». La parole est une des
i. Çatapatha BràhmanOy XI, 1, 6 ; apud. Muir, ibid., IV, U.
2. Les Rishis attribuent à Vàcya Prajâpati la composition des hymnes III, 38, 54-56; IX, 84.