LA LÉGENDE O ALEXANDRE CHEZ LES PARSES
la chose, mon cœur s'est gonflé de sang et mes lèvres de plaintes. Nous sommes d'une même branche , d'une même souche , nés dans la même pourpre : pourquoi par ambition détruire notre race*? » Une bénédiction s'élève de la terre d'Iran quand il monte sur le trône , car ses paroles sont toutes d'équité : il fait régner la justice sur toute la face de l'univers , et le désert se peuple et se féconde.
Les chroniqueurs lui donnent le second rang entre les grands hommes de la Perse , entre « les dix héros qu'on célèbre comme les phénix de leurs siècles , et comme des hommes incomparables. » Fils de Dârâb , fils de Bahman , c'était « un grand roi , sage et savant , possédant la science des vertus des simples. Il avait été disciple d'Aristote, qu'il fit son conseiller d'Etat , dé qui il tint les principes , et à qui il fit écrire l'histoire naturelle dans toutes ses parties. Il se rendit maître de la Grèce , de la Chine , de la Tartane et des Indes 2. »
Cette tradition nationale n'est pourtant pas spontanée. M. Spiegel a montré que la légende d'Alexandre, telle qu'elle paraît en Perse , est d'origine étrangère et n'a rien de commun avec l'épopée purement iranienne ^. Il suffit de lire le récit de Firdousi , en faisant abstraction des épisodes musulmans , pour y reconnaître un écho fidèle du Pseudo-Callisthène. On a d'ailleurs le témoignage direct d'une chronique persane des plus estimées, le Mudjinil-ut- Tewarikh. « Les philosophes grecs ont beaucoup de tradi-