‹ Essais orientauxChapitre 88 sur 109 · Livre des Rois, éd. MohI , V, p 88 , v · texte numérisé non relu

Livre des Rois, éd. MohI , V, p 88 , v

2. Chardin, Voyages, d'après une chronique inédile (éd. Lenglès, VIII, 24 6).

3. Nous n'avons pu nous procurer le premier ouvrage de M. Spiegel sur la légende d'Alexandre (Leipzig, 4851); mais il a repris le sujet dans ses Antiquités iraniennes , II , 582 ( Leipzig , 4 873 ) ; c'est à ce dernier ouvrage que nous renvoyons.

lions sur la sagesse , les discours et le tombeau d'Alexandre ; elles ont été traduites en arabe, et Firdousi en a mis une partie en vers ^ » Donc, dans cette partie de son œuvre, Firdousi ne suit pas ses sources ordinaires, les ballades populaires , les contes des Déqans , les récits du Livre des Souverains : ce ne sont pas des voix iraniennes dont ils nous fait entendre , comme dans le reste de son livre , le lointain écho.

Cependant , tout en reconnaissant que la légende persane, sous sa forme classique, est étrangère et non nationale, peut-être faut-il admettre qu'à tout le moins le nom du héros s'était maintenu vivant dans la pensée populaire , de sorte que le jour où les récits grecs s'introduisirent en Iran , ils éveillaient des souvenirs lointains , mais puissants : la Perse aurait-elle pu reconnaître en lui un héros national , si elle l'avait oublié tout entier et avait dû rapprendre son histoire à une source étrangère? Une croyance nationale ne s'importe pas du dehors et doit avoir germé dans le sol même où elle croît ; n'est-ce pas parce que la Perse se rappelait Alexandre, parce qu'elle l'avait admiré et aimé , qu'elle accueillit avec tantd'enthousiasme les récits du dehors qui parlaient de sa gloire? N'est-ce pas parce qu'elle n'aVait jamais séparé son nom de sa propre histoire qu'elle put les rattacher si étroitement l'un à l'autre dans la suite? Cette continuité de la légende, ou du moins du souvenir, il est impossible de l'établir directement ; il est impossible de prouver que le nom d'Alexandre était resté un nom populaire en Perse à travers les douze siècles de révolutions politiques et religieuses qui séparent sa mort de l'instant où la légende s'offre à nous pour la première fois et déjà formée de toutes pièces. Mais il est une branche

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