‹ Essais orientauxChapitre 89 sur 109 · J, MoHL y Livre des Rois , préface , XLIX, n · texte numérisé non relu

J, MoHL y Livre des Rois , préface , XLIX, n

LA LÉGENDE d'aLEXANDRE CHEZ LES PARSES. 231

de la famille iranienne, depuis longtemps séparée de la famille , qui a conservé un souvenir direct , semble-t-il , du conquérant : ce sont les Guèbres ou Parsis , c'est-à-dire les derniers représentants de la religion qui régnait en Perse quand parut Alexandre. Ce souvenir rappelle bien peu celui qu'il a laissé en Iran : le héros admiré là-bas est à Bombay un tyran exécré et maudit. Mais cette différence même semble un indice que nous avons là une source indépendante , et il importe de la remonter aussi loin qu'il sera possible.

« Je n'ai rien trouvé de plus sensé dans les enseignements des Guèbres, écrit Chardin , que le mal qu'ils disent d'Alexandre le Grand. Au lieu de l'admirer et de révérer son nom , comme font tant d'autres peuples , ils le méprisent, le détestent et le maudissent, le regardant comme un pirate , comme un brigand , comme un bomme sans justice et sans cervelle, né pour troubler l'ordre du monde et détruire une partie du genre humain. Ils se disent à l'oreille la même chose de Mahammed , et ils les mettent tous deux à la tête des méchants princes : l'un pour avoir été lui-même l'instrument de tant de malheurs, comme sont l'incendie , le meurtre , le viol et le sacrilège ; l'autre pour avoir été la cause, l'occasion. Ils connaissent assez que leur perte vient de ces deux usurpateurs, Alexandre et Mahammed; en quoi ils ne se trompent pas K »

Le Père Gabriel du Chinon , qui avait visité les Guèbres de Perse une vingtaine d'années avant Chardin -, nous fait connaître les raisons de leur haine. Zoroastre avait rapporté du Ciel c( sept livres de Loi que Dieu envoyait à ces peuples, pour être dirigés dans le chemin du salut ; sept autres, qui

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