Schah'Nameh, V, p
2. Ailleurs Firdousi s'oublie : « Iskander, ce vieux loup avide de vengeance », dit Khosroès Parviz , dans sa lettre au kaisar (traduction Mohl,éd. in-8, VII, 237).
LA LÉGENDE d' ALEXANDRE CHEZ LES PARSES. 237
la science des vaincus, il fit brûler tous ceux de leurs livres qu'il put saisir, et mettre à mort les mobeds, les herbeds, les savants et les sages ^ Masoudi, qui écrit vers 943 , sait aussi qu'Alexandre a fait brûler une partie de TAvesta et massacrer les nobles 2. Ainsi les documents historiques les plus anciens de la Perse musulmane s'accordent avec la légende parsie; pour eux, comme pour elle, Alexandre est le destructeur et le persécuteur de la religion de Zoroastre.
Ces documents , il est vrai , ne remontent pas au delà de l'invasion arabe : le plus ancien d'entre eux lui est encore postéiieur- de trois siècles ; mais Hamzah et Masoudi travaillent ici sur des documents guèbres ou remontant à la période sassanide, de sorte que leur témoignage doit reproduire une croyance qui existait déjà dans cette période. Or, il existe un livre parsi , qui très probablement remonte au temps de la splendeur sassanide 3, et pour qui Alexandre est déjà un être infernal comme il Test pour les Parses modernes , le Minokhired : le créateur du mal . Ahriman , voulait donner l'immortalité à ses trois créatures les plus funestes, Zohak, Afrasyàb et Alexandre; Ormazd s'y opposa, pour le salut de l'univers*. Un livre pehhd, de date incertaine , mais qui semble avoir appartenu également à la période sassanide, V Ardâ-Virâf , décrit plus au long les ravages d'Alexandre. « Jadis le saint Zoroastre reçut la loi et la répandit dans le monde; trois cents ans durant, la loi fut pure et les hommes croyants. Mais alors
4. Ed. Gottwaldt , p. 5, 28, 29, 31 du texte, p. 15, 44, 45 de la traduction.