Ch. VIII
le maudit Ahriman, le Mauvais, pour détourner les hommes de la foi, suscita le maudit Alaksagdar le Roumi, qui habitait en Egypte et qui vint porter en Iran la violence, la guerre, le massacre. 11 tua les princes de Flran, détruisit la capitale et le royaume, en fit un désert. Or, les livres sacrés , VAvesta et le Zend , qui étaient écrits sur parchemin en encre d'or, étaient déposés dans les archives d'Istakhar *; et le malfaisant, le sinistre, Timpie, le démon y fit venir le funeste Alaksagdar le Roumi, qui habitait rÉgypte, et il y mit le feu. Et il tua les destours, les juges , les herbeds , les mobeds , les docteurs et les sages de riran , et il sema la haine et la discorde parmi les grands et les chefs de l'Iran, et, anéanti, se précipita dans l'enfer 2. »
La légende parsie peut donc se suivre jusqu'au cœur de la période sassanide. D'autre part, si l'on considère que dans tous les documents historiques de la Perse, quels qu'ils soient d'origine, le caractère essentiel et dominant de la restauration sassanide est d'avoir été une restauration nationale et religieuse, il est probable que ce n'est pas après coup et à distance que les chroniqueurs et les Parses firent d' Ardeshîr, fils de Sassan , le réparateur des désastres et des iniquités d'Alexandre , mais que , dans la réalité des faits , les choses s'étaient passées de cette façon. Autrement dit, il s'était présenté comme ayant la mission de réparer les calamités politiques et religieuses qui auraient été causées par le conquérant roumi , et, par suite , Alexandre , aux y^ux de la partie fervente de la nation , était le maudit déjà à l'époque où se fonda la dynastie nouvelle , c'est-à-dire cinq siècles après sa mort.
Anquetil a émis une hypothèse qui rattache directement
i. Persépolis.