‹ Essais philosophiquesChapitre 2 sur 54 · II · texte numérisé non relu

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ses rapports. Je donne à la seconde le nom de philosophie intellectuelle : l'idëologiç), la logique, l'art de peniser, l'art de raisonner, la psychologie , la théodicée sont de son ressort. Enfin , la troisième est celle que j'appelle philosophie physique : le monde matériel est son objet ; elle n'en dépasse pas les limites : par une étude approfondie des rapports qui existent entre tous les êtres qu'elle considère , elle cherche à pénétrer aussi loin qu'il est possible dans leur natu^re intime , et à voir les choses $ous lisur véritable aspect , ou telles qu'elles sont en elles-mi^mes , et non t^U^s qu'elles se présenten t à nouale plus souvent en virpnnées d'illusions •

La philosophie physique, n est que la réflexion et le raisonnement appliqués à la physique d'observation. Celle-ci fournit à la première des matériaux ; mai^ ces matériaux ne sont que des f^its isolés : c'est la philosophie qui les rapproche , en saisit les rapports , les. généralise , en déduit des conséquences , et remonte de ces conséquences à des faits primitifs , à des principes , qui ne peuvent pas être. directement constatés par l'expérience, niai& que l'étude comparée des phénomènes rend plus où moins vraisemblables , et qui alors deviennent très-propres à lier les phénomènes, entre eux, à les faire mieux comprendre, et à satisfaire notre curiosité en fixant nos idées. Qn donne à ces principes le nom d'hypothèses.

Cest principalement à cette dernière branche de la philosophie que je mie suis attaché ; d^abord , parce qu'elle m'est un peu plus familière que les^eux autres; puis., parce qu'elle me. paraît aussi un peu plus certaine , en ce que l'expérience la soutient de toutes parts ; et enfin , parce que telle est la marche nature^lle de l'esprit humain, qu'il commence toujours par. observer ce qui se. passe hors de l^ii , avant de réfléchir sur ce qui se passe en lui : du moins, telle est mon opinipn.

Tortf de la part des physiciens et de celle des. philosophes.

Nos premières idées ont été dès idées sensibles , des idées d'bbr jets matériels ; et de toutes nos connaissances leç plus cert^nes^ comme les plus utiles , en ce sens du moins qu'elles servent de fondement à presque tputes lés autres , sont celles que nous avons acquises par la voie des sens. Les sens ont été nos premiers xpat-

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